Tariq Ramadan : 18 ans de prison requis pour viols, l'islamologue hospitalisé en psychiatrie
Tariq Ramadan : 18 ans requis, hospitalisé en psychiatrie

Tariq Ramadan : 18 ans de prison requis pour viols, l'islamologue hospitalisé en psychiatrie

Le parquet de Paris a requis ce mardi 18 ans de réclusion criminelle contre l'islamologue suisse Tariq Ramadan, jugé par défaut pour les viols de trois femmes entre 2009 et 2016. Un mandat d'arrêt et une interdiction définitive du territoire français ont également été demandés. L'accusé, âgé de 63 ans et hospitalisé en psychiatrie à Genève, conteste fermement les faits qui lui sont reprochés.

Un procès à huis clos et par défaut

Le procès se déroule à huis clos devant la cour criminelle départementale de Paris depuis le 2 mars, en l'absence de l'intéressé. Tariq Ramadan n'a pas comparu à l'ouverture des audiences, ses avocats ayant invoqué une hospitalisation pour une poussée de sclérose en plaques. La présidente de la cour, Corinne Goetzmann, a ordonné une expertise médicale pour évaluer son état de santé.

Les deux neurologues désignés ont conclu à la stabilité de la maladie, sans signe de poussée récente, et ont estimé que l'accusé pouvait comparaître. La demande de report du procès a donc été rejetée, conduisant à un jugement par défaut. Un mandat d'arrêt à exécution immédiate a été délivré contre Tariq Ramadan.

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Les accusations et la défense

Tariq Ramadan est accusé de trois viols commis sur des femmes entre 2009 et 2016 :

  • Un viol aggravé avec violences sur Christelle (prénom d'emprunt) à Lyon en octobre 2009.
  • Un viol sur Henda Ayari, ex-salafiste devenue militante laïque, à Paris en 2012.
  • Un autre viol sur une troisième femme en 2016.

L'avocat général a développé pendant plus de trois heures les éléments de l'accusation, soulignant selon lui l'immense culpabilité de l'islamologue. En revanche, la défense dénonce une parodie de justice. Me Ouadie Elhamamouchi, l'un de ses avocats, a fustigé des réquisitions iniques et totalement déconnectées, parlant d'un acharnement contre son client.

Contexte judiciaire et hospitalisation

Tariq Ramadan a été condamné en Suisse en septembre 2024 à trois ans de prison, dont un an ferme, pour le viol d'une femme en 2008. Il a annoncé saisir la Cour européenne des droits de l'homme et a déposé une demande en révision de ce procès.

Ce mardi, alors que les réquisitions étaient prononcées à Paris, Tariq Ramadan a été hospitalisé en psychiatrie à Genève. Ses avocats avaient sollicité un report du procès pour raisons médicales, mais la cour a maintenu les audiences. Les autorités judiciaires suisses refusent pour l'instant tout commentaire sur son sort.

Verdict imminent et réactions

Le verdict de la cour criminelle de Paris est attendu ce mercredi. Les quatre avocats de Tariq Ramadan ont quitté la salle d'audience, estimant ne pas pouvoir défendre leur client dans ces conditions. Cette affaire, qui mobilise l'attention médiatique depuis plusieurs années, pourrait connaître un tournant décisif avec la décision des juges.

Les parties civiles, représentées par Me David-Olivier Kaminski, attendent avec fermeté la décision de justice, tandis que la défense continue de contester la légitimité de la procédure. L'issue de ce procès pourrait avoir des répercussions importantes sur la carrière et la vie personnelle de l'islamologue, déjà marquée par des condamnations et des controverses.

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