Le père de Camélia envisage une plainte après le classement sans suite pour harcèlement scolaire
En réaction au classement sans suite par le parquet de Meaux de l'enquête pour harcèlement scolaire, le père de Camélia, lycéenne de 17 ans qui s'est suicidée le 13 janvier 2026 en gare de Mitry-Mory en Seine-et-Marne, envisage de déposer plainte avec constitution de partie civile. Cette démarche déclencherait l'ouverture d'une information judiciaire avec la saisie d'un juge d'instruction indépendant.
Une décision jugée insuffisante face à la souffrance de l'adolescente
Le père de Camélia a déclaré : "La souffrance de Camélia ne peut rester sans réponse judiciaire". S'il prend acte de la décision du parquet, il estime que ce classement sans suite faute "d'éléments suffisants" ne peut constituer le point final de ce dossier. Il a ajouté : "Le harcèlement scolaire est une violence complexe qui se nourrit du silence. Là où l'enquête de police a buté sur une impasse technique, nous estimons qu'une instruction judiciaire est indispensable pour lever les zones d'ombre, notamment sur les alertes ignorées au sein du lycée".
Deux enquêtes judiciaires et une enquête administrative ouvertes
Dans cette affaire tragique, deux enquêtes avaient été ouvertes par la justice :
- Une première pour déterminer les causes de la mort de Camélia
- Une seconde pour "harcèlement scolaire ayant conduit la victime à se suicider"
Une enquête administrative avait également été ordonnée pour examiner le fonctionnement de l'établissement scolaire concerné.
Les éléments du parquet justifiant le classement sans suite
Lors de l'annonce de la décision, le procureur de Meaux, Jean-Baptiste Bladier, avait évoqué "une période de tension entre Camélia et plusieurs de ses camarades de classe et de lycée" entre la fin novembre 2025 et le début décembre 2025. Cependant, il a précisé que "les témoignages unanimes et dans des termes dépourvus de toute ambiguïté ne permettaient pas de démontrer que la défunte avait été régulièrement victime de propos et/ou de comportement mal attentionné à son égard".
Le procureur a ajouté : "Il en ressort plus sûrement qu'elle avait pu interpréter quelques faits ponctuels comme étant gênants pour elle alors qu'ils n'avaient pas été jugés comme tels par les autres lycéens présents".
Les alertes de la mère et les actions de l'établissement
La mère de Camélia avait signalé à deux reprises le mal-être de sa fille à l'établissement par correspondance électronique. Ces signalements avaient donné lieu à plusieurs entretiens avec :
- Les professeurs principaux de l'élève
- Le proviseur
- La conseillère principale d'éducation
- Des élèves concernés
Malgré ces interventions, la situation n'a pas pu empêcher le drame survenu en janvier 2026. La famille continue de chercher des réponses et une reconnaissance de la souffrance endurée par Camélia, espérant que la voie judiciaire permettra d'établir plus clairement les responsabilités dans cette affaire de harcèlement scolaire aux conséquences tragiques.