SMCP condamné pour mise en danger d'une salariée handicapée : plus de 40 000 euros d'indemnisation
SMCP condamné pour mise en danger d'une salariée handicapée

SMCP condamné par les prud'hommes pour mise en danger d'une salariée handicapée

Le groupe SMCP, maison mère de quatre marques de luxe, a été condamné par le conseil de prud'hommes à indemniser une ancienne salariée à hauteur de plus de 40 000 euros. Comme le révèle Le Parisien ce mercredi, les juges ont estimé que cette travailleuse handicapée, souffrant d'une affection pulmonaire grave, avait été mise en danger par son employeur, constituant un manquement flagrant aux obligations légales de protection.

Une carrière marquée par la maladie et l'isolement professionnel

Âgée aujourd'hui de 61 ans, cette femme travaillait comme préparatrice de commandes pour SMCP Logistique, une filiale du groupe, depuis 2009, dans des entrepôts situés dans le Val-de-Marne. Fin 2015, elle est touchée par une bactérie résistante aux traitements qui affecte gravement ses poumons. Durant son premier arrêt maladie, son employeur lui propose une rupture conventionnelle, ce qu'elle refuse, étonnée par cette suggestion précoce.

Arrêtée pendant trois ans au total, elle est autorisée à reprendre le travail en octobre 2017 avec un aménagement de poste, devenant agent logistique et administratif. Malheureusement, en 2019, la progression de la bactérie nécessite l'ablation d'un poumon. Selon les informations rapportées, elle aurait ensuite été progressivement mise à l'écart, d'abord affectée dans un espace exigu de 9 mètres carrés partagé avec cinq collègues.

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Des conditions de travail dégradantes et un isolement croissant

Puis, en 2021, la situation s'aggrave : elle est reléguée seule au fond de l'entrepôt dans un coin poussiéreux, sans activité professionnelle significative. « On ne sait pas du tout ce que l'on y respirait. On ne me donnait rien à faire de la journée », témoigne-t-elle, décrivant une forme de placardisation insupportable. De son côté, SMCP affirme « qu'un premier espace de travail adapté avait été mis à disposition », mais que « la salariée n'a pas souhaité l'utiliser », une version contestée par l'intéressée.

Une décision des prud'hommes qui souligne les manquements de l'employeur

Estimant avoir été « placardisée » et victime d'un traitement discriminatoire, la sexagénaire a saisi le conseil de prud'hommes avec l'aide de ses avocats. Les juges ont rendu un verdict sans appel, jugeant que SMCP avait manqué « à son obligation de sécurité, de prévention et de protection de la santé physique et mentale de la salariée », reconnue comme travailleuse handicapée. Cette décision met en lumière les responsabilités des employeurs en matière de conditions de travail, surtout pour les personnes vulnérables.

Le groupe SMCP a annoncé son intention de faire appel de cette condamnation, tout comme la salariée, qui réclamait initialement environ 150 000 euros d'indemnités. Cette affaire illustre les défis persistants de l'intégration des travailleurs handicapés et les conséquences juridiques des manquements aux obligations de sécurité au travail.

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