Le tribunal correctionnel de Mende a condamné ce jeudi José Pereira Mendes, 61 ans, à six ans de prison ferme pour avoir mutilé des dizaines de patients et escroqué la Sécurité sociale. L'ancien chirurgien-dentiste, qui exerçait à Badaroux, un village de 500 habitants en Lozère, a posé 500 implants en seulement deux ans, entre 2019 et 2021, une activité anormalement élevée qui aurait dû alerter les autorités.
Des excuses jugées insuffisantes
À la barre, le prévenu a balbutié quelques mots d'excuses : « Je regrette que les choses n'aient pas bien marché avec eux. Je les ai soignés tous pour qu'ils aient un meilleur avenir, pas un mauvais avenir. » Mais ces propos n'ont pas convaincu le tribunal, qui l'a reconnu coupable d'avoir arraché des dents sans raison médicale et d'avoir facturé frauduleusement plus de 300 000 euros à la Sécurité sociale. Il a également été condamné pour blanchiment.
Une peine exemplaire
Outre la peine de prison ferme, José Pereira Mendes écope d'une interdiction définitive d'exercer la profession de dentiste, chirurgien-dentiste ou implantologue, ainsi que d'une interdiction définitive de séjour sur le territoire français. Le procureur de la République de Mende, Valéry Morron, a été particulièrement sévère : « Il est la honte et le déshonneur d'une profession tout entière. Il a mis à profit ses connaissances professionnelles et son statut pour récupérer des sommes indues en mutilant ses patients. »
Des victimes nombreuses
Les avocats des parties civiles ont dénoncé la passivité des organismes de contrôle. Me Catherine Szwarc, représentant une trentaine de patients, a pointé du doigt l'absence de réaction face à « une épidémie d'implants » dans un petit village. « L'Ordre avait été saisi dès mars 2020, mais rien n'a été fait », a-t-elle déploré. La CPAM, qui a chiffré son préjudice à plus de 300 000 euros, a demandé une sanction implacable. « On ne fraude pas par plaisir ou par erreur, c'est par volonté de lucre », a insisté Me Philippe Pouget.
La défense du prévenu
Pour sa défense, José Pereira Mendes a rejeté la faute sur ses secrétaires, qu'il a qualifiées de voleuses et menteuses, et sur ses patients, accusés d'être de mauvais comptables. Son avocat, Me Komine Bocoum, a plaidé pour une peine adaptée, estimant que sept ans de prison requis étaient excessifs. « Ce n'est pas un monstre froid, c'est un être humain capable de changer », a-t-il déclaré. Mais le tribunal n'a pas suivi cet argumentaire.
Un prochain rendez-vous judiciaire
Le prévenu, qui a déjà effectué un an de détention préventive, a remercié le président du tribunal avant d'être escorté vers la prison. Il n'a pas encore décidé s'il fera appel. Les victimes, elles, devront attendre le 7 décembre prochain pour une audience consacrée à leurs demandes d'indemnisation.



