Une erreur d'identité aux conséquences dramatiques
Un homme sans domicile fixe a été interné par erreur pendant deux années complètes dans un hôpital psychiatrique d'État d'Hawaï, suite à une confusion d'identité qui n'a été découverte qu'après cette longue période de détention injustifiée. La justice vient de reconnaître cette grave erreur en accordant à la victime une indemnisation substantielle de près de 840 000 euros.
Les faits: une arrestation basée sur une méprise
L'affaire remonte à 2011, lorsque Joshua Spriestersbach, alors sans domicile fixe, dormait près de l'école Kawananakoa Middle School de Punchbowl. Réveillé par un agent de police qui lui demande son identité, l'homme refuse de donner son prénom et ne mentionne que le nom de famille de son grand-père: Castleberry. Cette réponse déclenche une série d'événements tragiques.
Le policier découvre alors un mandat d'arrêt datant de 2009 visant Thomas Castleberry dans une affaire de drogue. Malgré les protestations de Joshua Spriestersbach qui affirme qu'il s'agit d'une erreur sur la personne, aucune vérification n'est effectuée. Ni les photographies, ni les empreintes digitales des deux hommes ne sont comparées, ce qui aurait pourtant permis d'établir immédiatement qu'il s'agissait de deux personnes distinctes.
L'enfermement psychiatrique et ses conséquences
Après plusieurs arrestations au fil des années, la justice condamne Joshua Spriestersbach, qui se retrouve alors interné dans un hôpital psychiatrique d'État d'Hawaï. Le cercle vicieux s'installe rapidement: plus l'homme crie son innocence en affirmant qu'il n'est pas Thomas Castleberry, plus le personnel médical interprète ses déclarations comme des délires psychotiques.
"Plus M. Spriestersbach criait son innocence en proclamant qu'il n'était pas M. Castleberry, plus le personnel et les médecins de l'établissement psychiatrique pensaient qu'il délirait et était psychotique, et plus il était lourdement médicamenté", peut-on lire dans un compte rendu de justice qui décrit cette spirale infernale.
La reconnaissance tardive de l'erreur
Ce n'est qu'au bout de deux longues années que le personnel hospitalier décide finalement d'écouter sérieusement les affirmations de Joshua Spriestersbach et de vérifier son identité. La vérité éclate alors: l'homme détenu depuis 2016 n'est absolument pas Thomas Castleberry, qui était lui-même incarcéré dans une prison en Alaska pendant toute cette période.
"Avant janvier 2020, personne n'a exploité les informations disponibles pour vérifier que Joshua disait la vérité et qu'il n'était pas Thomas R. Castleberry", constate amèrement le dossier judiciaire. L'homme est finalement libéré en janvier 2020, après avoir subi deux années d'internement abusif.
Une indemnisation historique
Joshua Spriestersbach a porté plainte pour cette erreur judiciaire aux conséquences dramatiques. Un tribunal a récemment rendu son verdict, condamnant la ville et le comté d'Honolulu à indemniser la victime à hauteur de 975 000 dollars, soit près de 840 000 euros.
Cette décision de justice marque la reconnaissance officielle des souffrances endurées par l'homme pendant ces deux années d'internement injustifié. L'affaire soulève également des questions cruciales sur les procédures d'identification et les vérifications d'identité dans le système judiciaire et psychiatrique.
Le cas de Joshua Spriestersbach illustre de manière tragique comment une simple erreur d'identité, non vérifiée par les autorités compétentes, peut conduire à des années de détention abusive avec des conséquences psychologiques et physiques profondes pour la victime.



