Sarkozy face aux familles de l'UTA : innocence et souffrance au cœur de l'appel
Sarkozy : innocence et souffrance des familles UTA à l'appel

L'ancien président face à la justice et à la douleur des familles

Nicolas Sarkozy a entamé ce mardi 7 avril son interrogatoire devant la cour d'appel de Paris dans l'affaire du financement présumé libyen de sa campagne présidentielle de 2007. L'ancien chef de l'État a immédiatement placé son plaidoyer sous le signe de la souffrance des familles des victimes de l'attentat du DC-10 d'UTA, survenu en 1989.

Un lien douloureux avec l'attentat de 1989

L'affaire est particulièrement sensible car elle implique indirectement Abdallah Senoussi, un haut dignitaire libyen condamné à perpétuité pour avoir commandité l'attentat qui a coûté la vie à 170 personnes, dont 54 Français. Sarkozy est soupçonné d'avoir laissé ses proches collaborateurs négocier un financement avec Senoussi fin 2005.

Plusieurs proches des victimes ont témoigné la semaine précédente, dénonçant avec émotion comment leur parole avait été, selon eux, « écrasée par la parole de ceux qui ont accès aux micros ». Ils ont pointé du doigt « le déni » et « le mensonge » des prévenus dans cette affaire judiciaire complexe.

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« J'aurais eu la même colère »

En préambule de son interrogatoire qui devrait s'étendre sur trois ou quatre journées d'audience, Nicolas Sarkozy a déclaré : « À la place des proches des victimes du DC-10 d'UTA, j'aurais eu la même colère, le même chagrin ». Il a ajouté avec gravité : « C'est impossible d'avoir une réponse à la hauteur des souffrances qui ont été exprimées. En dire trop c'est de la comédie, en dire pas assez c'est être insensible ».

L'ancien président, condamné en première instance en septembre à cinq ans de prison ferme pour association de malfaiteurs, est rejugé aux côtés de huit autres prévenus. Il avait été incarcéré trois semaines à la prison de la Santé, devenant ainsi le premier chef d'État français à connaître la détention.

Un plaidoyer pour l'innocence

« On ne répond à une souffrance aussi indicible que par la vérité », a martelé Sarkozy devant la cour, « mais on ne répare pas une souffrance par une injustice : je suis innocent ». Son épouse Carla Bruni-Sarkozy assistait pour la première fois à l'audience depuis le début du procès en appel mi-mars.

L'ancien président a été catégorique sur deux points essentiels : « La vérité c'est qu'il n'y a pas un centime d'argent libyen dans ma campagne, la vérité c'est que jamais, jamais, je n'ai agi en faveur de M. Senoussi ». Il a rappelé que Senoussi cherchait alors une grâce ou une amnistie après sa condamnation.

Pour étayer sa défense, Sarkozy a évoqué son rôle déterminant dans la mise en place de la coalition internationale qui a contribué à la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, suggérant l'incompatibilité d'une telle action avec des accords secrets avec des dignitaires libyens.

L'audience se poursuit dans une atmosphère tendue, où se mêlent les enjeux judiciaires, politiques et la mémoire douloureuse d'une des pires attaques terroristes ayant frappé des citoyens français.

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