Nicolas Sarkozy au procès libyen : "Ça ne veut pas dire que Claude Guéant ment"
Sarkozy au procès libyen : "Guéant ne ment pas forcément"

La cour d'appel de Paris s'est engouffrée, en ce cinquième et dernier jour de l'interrogatoire de Nicolas Sarkozy, sous la tente de Mouammar Kadhafi. Juillet 2007 : la France a un nouveau président de la République fraîchement élu. Ce dernier vient de faire libérer les infirmières bulgares, enfermées arbitrairement huit années dans les geôles libyennes, et a offert cette victoire à son épouse d'alors, Cécilia Sarkozy.

Un dîner controversé à Tripoli

Pour fêter les nouvelles relations entre les deux pays, le « Guide » a convié le président Sarkozy à un dîner de gala. Mouammar Kadhafi est tout de blanc vêtu, à l'exception d'une sorte de badge en plastique accroché à sa tenue représentant l'Afrique. Des tables sont dressées sous la tente, à l'endroit où se déroule la cérémonie.

Contredit par Claude Guéant au sujet notamment de ce dîner organisé à Tripoli en 2007, Nicolas Sarkozy a continué à nier les propos avancés par son ancien « cardinal » mais a cessé de l'accabler. « Ça ne veut pas dire que Claude Guéant ment. Ça veut dire que sa mémoire a pu évoluer », a déclaré l'ancien président.

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Les accusations de financement libyen

Ce procès en appel porte sur les soupçons de financement illicite de la campagne présidentielle de 2007 par le régime libyen. Claude Guéant, ancien secrétaire général de l'Élysée, a affirmé avoir participé à une réunion préparatoire à Tripoli avec des intermédiaires, ce que Nicolas Sarkozy conteste.

L'ancien président a expliqué que les divergences de souvenirs entre lui et son ancien ministre pouvaient s'expliquer par le temps écoulé. « Ma mémoire est claire, mais je ne jette pas la pierre à Claude. Les années passent, les souvenirs se transforment », a-t-il ajouté.

Une défense qui évolue

Au cours de cette audience, Nicolas Sarkozy a adopté un ton moins offensif que lors des précédentes comparutions. Il a reconnu que les témoignages de ses anciens collaborateurs pouvaient être sincères, tout en maintenant sa position : il n'y a eu aucun financement libyen de sa campagne.

La cour d'appel devrait rendre son délibéré dans les semaines à venir. Ce jugement est très attendu, car il pourrait mettre un terme définitif à cette affaire qui empoisonne la vie politique française depuis près de quinze ans.

Le parquet a requis une peine de sept ans de prison et cinq ans d'inéligibilité contre Nicolas Sarkozy, qui clame son innocence. Ses avocats plaideront la relaxe lors des prochaines audiences.

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