Ritchy Thibault devant la justice : l'audience renvoyée après des propos virulents
Ritchy Thibault : audience renvoyée après des propos virulents

Un militant écologiste face à la justice parisienne

Ce jeudi matin, au tribunal judiciaire de Paris, Ritchy Thibault, âgé de 22 ans, apparaît vêtu d'un costume beige en lin et d'un pull à col roulé, ses longs cheveux noirs et sa barbe mal taillée complétant son look. Un petit pendentif pend à son cou. Visiblement excité à l'idée de comparaître devant la 28e chambre correctionnelle, il est soutenu par une trentaine de personnes, principalement d'anciens « gilets jaunes ».

Une affaire de menaces reportée

Initialement jugé pour avoir, selon l'accusation, menacé de mort le président Emmanuel Macron en février 2024, son affaire a été renvoyée en septembre. Les magistrats ont estimé que ce dossier nécessitait plus de temps pour un examen approfondi. Ritchy Thibault, porte-parole du collectif écologiste PEPS - Pour une écologie populaire et sociale -, n'a pas manqué de réagir avec verve à cette décision.

« J'ai plusieurs choses à faire remarquer si je peux me permettre. Je vais essayer d'être le plus synthétique possible », a-t-il déclaré, avant d'embarquer dans un long discours. Il a rappelé les circonstances de son interpellation, survenues lors du salon de l'agriculture à la porte de Versailles, où il avait lancé au chef de l'État : « L'éborgneur, n'oublie jamais que nous sommes le pays de la Révolution française, le pays qui fait tomber la tête des monarques ! ».

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Un plaidoyer politique en tribunal

Lors de l'audience, Ritchy Thibault a présenté aux juges une peinture controversée représentant un homme brandissant la tête décapitée d'Emmanuel Macron, exprimant son « soutien solennel » à l'auteur de cette œuvre. Il a ensuite attaqué le président, le qualifiant selon son humeur de « pourriture » ou d'« éborgneur », et a critiqué « l'autoritarisme » du pouvoir.

Il a également évoqué son livre, « Quand Les monarques nous font taire », qu'il décrit comme un outil pour « tenir tête aux dominants ». La présidente du tribunal, visiblement impatientée, a tenté de recentrer les débats sur la demande de renvoi, mais le prévenu a persisté, demandant que Emmanuel Macron soit cité comme victime pour détailler les « dommages psychiques » prétendus.

Des tensions avec la magistrature

Ritchy Thibault s'est ensuite adressé au procureur, affirmant que ce dernier représentait des « sous-fifres » au service du pouvoir, et soulignant le rôle politique des poursuites. Il a exprimé subir un « préjudice important » en attendant son procès. La présidente a conclu en reconnaissant, avec le prévenu, que « il va nous falloir beaucoup de temps » pour cette audience, d'autant que de nombreux témoins sont prévus, dont le boxeur Christophe Dettinger et une historienne.

Le procureur a soutenu le renvoi, estimant essentiel de prendre le temps nécessaire. Me Henri Braun, avocat de Ritchy Thibault, a quant à lui affirmé que « ce procès n'aura pas lieu tant qu'Emmanuel Macron sera président de la République ».

Un mépris affiché et d'autres procès en vue

Après l'audience, les soutiens du militant ont entonné l'hymne des « gilets jaunes », « On est là ». Dehors, Ritchy Thibault a tenu une sorte de point presse, déclarant : « Je n'ai aucune considération particulière pour les membres du parquet, ni pour aucun magistrat, j'ai même un certain mépris à leur endroit, et je l'assume et le revendique. »

Il a invité son auditoire à le soutenir le 29 juillet prochain, où il sera jugé pour avoir appelé à prendre les armes lors d'une manifestation propalestinienne. D'autres procès l'attendent, notamment pour « injure publique envers une personne dépositaire de l'autorité publique », suite à des propos adressés à l'ancien ministre Bruno Retailleau. L'avenir judiciaire de Ritchy Thibault s'annonce chargé, avec de nouvelles tribunes en perspective.

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