Un avocat s'attaque aux tarifs des autoroutes pour réclamer justice
Le cabinet de l'avocat Christophe Lèguevaques a initié un recours juridique majeur pour contester la rentabilité jugée excessive des sociétés concessionnaires d'autoroutes. Cette démarche vise explicitement à obtenir une baisse significative des tarifs des péages à l'avenir, tout en permettant aux usagers de récupérer une partie des sommes qu'ils estiment avoir payées en trop.
Une action collective pour donner du poids à la contestation
Christophe Lèguevaques dénonce avec fermeté ce qu'il qualifie de « surfacturation » généralisée. Pour illustrer son propos, il avance un chiffre choc : « Quand vous faites une analyse précise de 100 euros de péage, vous vous rendez compte qu'en réalité vous payez 33 % de dividendes aux actionnaires ». Face à cette situation, l'avocat lance une action collective destinée spécifiquement aux usagers abonnés des autoroutes, qu'ils soient particuliers ou professionnels.
Les personnes concernées sont invitées à s'inscrire sur le site internet dédié Myleo.legal, et ce à partir de ce jeudi jusqu'au 30 juin. L'objectif est clair : « donner du poids au recours » en rassemblant un maximum de participants. Cette mobilisation constitue la première étape d'une procédure qui s'annonce longue et complexe.
Une procédure devant le Conseil d'État et au-delà
Christophe Lèguevaques entend par la suite saisir le Conseil d'État pour « faire constater l'illégalité des hausses tarifaires ». Il estime que cette phase initiale pourrait durer entre six mois et deux ans. En cas de gain de cause, l'avocat se tournera alors vers des instances administratives pour réclamer une indemnisation pour les usagers.
Selon son interprétation de rapports de l'Inspection générale des finances, cette indemnisation pourrait atteindre jusqu'à 58 % des sommes payées par certains usagers au cours des dernières années. L'avocat évalue cette seconde phase de la procédure entre deux et cinq ans, ce qui témoigne de la complexité et de l'ampleur du dossier.
Des rapports officiels qui pointent du doigt la surrentabilité
Ces dernières années, plusieurs rapports officiels ont alimenté le débat sur la rentabilité des sociétés concessionnaires :
- Le rapport du sénateur UDI Vincent Delahaye en 2020
- Le rapport de l'Inspection générale des finances en 2021
Ces documents ont spécifiquement mis en cause les autoroutes de Vinci dans le sud de la France et celles d'Eiffage dans le centre-est, les accusant de « surrentabilité ». Face à ces accusations, le président de Vinci Autoroutes Pierre Coppey avait rétorqué au Sénat en 2023 que « le débat sur la rentabilité des sociétés concessionnaires d'autoroutes repose de moins en moins sur des considérations objectives », déplorant des « débordements passionnels ».
Le cadre juridique des tarifs remis en question
Christophe Lèguevaques développe des arguments juridiques solides pour étayer son recours. Il rappelle que « historiquement, l'indexation automatique des prix sur l'inflation est interdite en droit français », avant de préciser qu'« une exception a été introduite pour les péages autoroutiers, sans encadrement précis ».
L'avocat pointe également une disproportion qu'il juge flagrante « entre le montant des péages et le coût réel du service ». Il estime que « les obligations d'inventaire des investissements, censées justifier les hausses » sont « insuffisamment respectées » par les concessionnaires.
Cette initiative intervient dans un contexte où les péages autoroutiers devaient augmenter de 0,86 % en moyenne à partir du 1er février 2026, selon les annonces du ministère des Transports fin 2025. Une hausse inférieure à l'inflation attendue pour l'année suivante, mais qui ne satisfait pas pour autant les détracteurs du système actuel.



