Un Alésien récidiviste condamné pour conduite en état d'ivresse avec un verre de pastis
Un homme de 30 ans, résidant à Alès, a de nouveau comparu devant le tribunal correctionnel d'Alès pour des faits de conduite sous l'empire de l'alcool et refus de se soumettre aux contrôles d'alcoolémie. Déjà condamné en 2022 pour des infractions similaires, le prévenu a été jugé en comparution immédiate ce lundi 24 mars 2026.
Les faits : un verre de pastis entre les jambes au volant
Les événements remontent au 20 mars dernier. Les gendarmes sont intervenus suite au signalement d'un automobiliste évoquant une conduite dangereuse dans le centre-ville d'Alès. Ils ont retrouvé le prévenu sur le parking d'une enseigne de restauration rapide, assis au volant de sa BMW avec le moteur à l'arrêt.
Les forces de l'ordre ont constaté qu'il "avait un verre de pastis entre les jambes". Malgré plusieurs sommations, l'homme a refusé de se soumettre aux contrôles d'alcoolémie. À l'audience, il a finalement reconnu les faits, évoquant d'abord une incapacité liée à son état, puis un refus assumé.
Un profil judiciaire chargé et des problèmes de santé
Le président du tribunal, Vincent Edel, a souligné que "les faits sont établis". Le prévenu est en état de récidive légale, ayant déjà été condamné en 2022 pour des faits similaires. Son casier judiciaire compte cinq mentions, incluant des vols, des violences et des infractions routières.
Sans emploi depuis un an malgré une formation de paysagiste, l'homme souffre également de problèmes de santé cardiaque. Interrogé sur la compatibilité de ses médicaments avec la consommation d'alcool, il a répondu par la négative. Le président a pointé une situation d'oisiveté préoccupante, rappelant que "l'oisiveté est mère de tous les vices".
Débat contradictoire : sévérité du parquet contre approche thérapeutique
Le ministère public, représenté par Quentin Larroque, s'est montré particulièrement sévère. Il a évoqué un homme qui "aurait pu écraser des enfants" et qui tarde à se responsabiliser, notamment par son manque d'intérêt pour la recherche d'un emploi. Le parquet a requis :
- 18 mois d'emprisonnement dont six avec sursis probatoire
- Un mandat de dépôt immédiat
- L'annulation du permis de conduire
En défense, Me Guillaume Garcia a insisté sur une bascule dans la vie du prévenu liée à ses problèmes de santé cardiaque survenus en 2021. "Entre 2011 et 2021, on a un homme qui travaille, qui s'intègre. C'est ce problème de santé lié au cœur qui, en 2021, fait revenir tous les problèmes", a-t-il plaidé. L'avocat a défendu une approche thérapeutique prioritaire pour traiter l'alcoolisme, estimant qu'une incarcération serait contre-productive.
Une peine aménagée privilégiant le soin et la réinsertion
Le tribunal a finalement suivi en partie l'analyse de la défense. Il a condamné le prévenu à :
- 18 mois de prison entièrement assortis d'un sursis probatoire renforcé pendant deux ans
- L'obligation de se soigner pour son alcoolisme
- L'obligation de retrouver un emploi
- L'annulation de son permis de conduire avec interdiction de le repasser avant six mois
Cette décision illustre la recherche d'un équilibre entre sanction pénale et approche thérapeutique pour les récidivistes de la conduite en état d'ivresse. Le tribunal a privilégié une peine permettant un suivi renforcé plutôt qu'une incarcération immédiate, tout en maintenant des mesures contraignantes pour prévenir la récidive.



