Relaxe totale pour quatre jeunes à Bordeaux après une interpellation controversée
Ce mercredi 1er avril, en début de soirée, la 7e chambre du tribunal correctionnel de Bordeaux a prononcé une relaxe totale pour quatre jeunes poursuivis pour « participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes ou de dégradations de biens ». L'un d'entre eux était également accusé de « port sans motif légitime d'arme blanche ». Les faits remontent au 21 janvier 2026, lorsque ces individus ont été interpellés par les forces de l'ordre à Cenon, dans l'agglomération bordelaise.
Les circonstances de l'interpellation
Les quatre jeunes, dont trois sont de nationalité turque, ont été arrêtés alors qu'ils klaxonnaient et arboraient une bannière du peuple kurde à la portière de leur véhicule. Lors de la fouille, les policiers ont découvert dans l'habitacle plusieurs objets suspects :
- Des bâtons
- Une batte de baseball
- Une cagoule avec des lunettes intégrées
- Un bonnet
- Une paire de gants
Le conducteur était également en possession d'un poing américain dans la poche de son pantalon. Tous ont été placés en garde à vue au commissariat central de Bordeaux.
Un contexte communautaire tendu
Cette interpellation s'inscrivait dans un climat de tensions accrues entre les communautés kurdes et turques sur le secteur. La veille, un bar turc, le Taksim Café à Lormont, avait été saccagé par une trentaine d'individus, certains masqués et armés de battes de baseball. Cependant, les quatre prévenus n'avaient pas participé à cette dégradation.
Les enquêteurs ont mené des perquisitions supplémentaires mais n'ont rien trouvé d'autre pouvant étayer les accusations. En garde à vue, les jeunes se sont montrés coopératifs avec les autorités.
La défense et le verdict du tribunal
Devant les magistrats, les prévenus ont maintenu leur version des faits. « Nous sommes amis et on ne fait pas partie d'un groupement », ont-ils déclaré à la barre. L'un d'eux a expliqué : « J'ai eu peur, il y avait beaucoup de monde à la manifestation. Les organisateurs nous avaient donné un drapeau. »
Leurs avocats, Mes Anne-Charlotte Moulins, Gabriel Lassort et Pierre-Antoine Cazau, ont plaidé avec conviction pour leur relaxe. Le parquet avait pourtant requis un an de prison avec sursis contre chacun des prévenus.
Après délibération, les magistrats ont estimé que les éléments à charge étaient insuffisants pour établir leur participation à un groupement violent. Ils ont donc prononcé une relaxe complète, mettant fin à cette procédure judiciaire qui aura duré plusieurs mois.



