Un début de procès marqué par le flou des explications
Ce lundi 16 mars 2026, le tribunal de Mont-de-Marsan a ouvert le procès en cour d'assises de Sylvain Rossetti, un homme de 41 ans accusé de deux tentatives d'enlèvement. La première visait une adolescente de 13 ans à Mont-de-Marsan en 2023, la seconde une femme de 21 ans à Pau en 2010. Dès le premier jour d'audience, l'accusé a dressé un portrait de lui-même aussi lisse qu'énigmatique, laissant la cour face à de nombreuses interrogations.
Une allure impeccable masquant une profonde fatigue
Détenu depuis juin 2023, Sylvain Rossetti est apparu dans le box des accusés avec une apparence soignée. Rasé de près, les cheveux poivre et sel coupés court, il arborait un pull beige qu'il a réajusté en se relevant. Seuls les traits fatigués de son visage et son regard perdu dans le vide trahissaient l'épreuve qu'il traverse. D'une voix étouffée, il s'est adressé à la cour en affirmant : « Je maintiens mes déclarations. »
Un parcours de vie présenté comme ordinaire
La cour d'assises des Landes s'est d'abord penchée sur la personnalité de ce père de famille, décrit par ses proches comme quelqu'un dont ils « ne pouvaient pas s'attendre à cela ». Sylvain Rossetti a évoqué de façon lacunaire une enfance « normale », des études en mécanique, une rencontre amoureuse précoce et une vie d'adulte marquée par des déménagements fréquents. Ces déplacements suivaient les mutations de son ex-épouse, médecin militaire, tandis qu'il enchaînait des emplois variés :
- Animation en centres de vacances
- Réparation de cycles
- Maçonnerie
- Emploi en scierie
Des motivations restées dans l'ombre
Tout au long de sa déposition, l'accusé est resté évasif, livrant un récit superficiel qui a laissé les magistrats insatisfaits. Malgré l'insistance de la présidente, la cour n'a pas réussi à percer le mystère de ses motivations. Dans le box, Sylvain Rossetti a concédé un manque de clarté dans ses propos, confiant se sentir « mal dans [ses] pompes ». Il a évoqué des agissements impulsifs survenus lors de périodes de grand mal-être, sous l'influence d'une consommation excessive d'alcool et de films pornographiques. Il a toutefois précisé ne pas se considérer comme addict à l'une ou l'autre de ces substances.
L'interrogatoire qui a fait vaciller la défense
Face aux questions pressantes des avocats des parties civiles, l'homme a maintenu une position fuyante mais sans nier sa culpabilité. « Comment avez-vous pu aller jusque-là ? », l'a interrogé Me Thierry Sagardoytho, représentant la victime paloise. La réponse de Sylvain Rossetti est restée dans le flou : il affirme essayer « de le démêler encore à ce jour ».
C'est Me Priscilla Le Daniel-Piovesan, avocate de l'adolescente agressée en 2023, qui a finalement réussi à le faire flancher. Après lui avoir demandé s'il savait « distinguer le corps d'une enfant de celui d'une femme », question à laquelle il a répondu positivement en invoquant son expérience d'animateur, l'avocate a porté l'estocade. « Et vous connaissez beaucoup de femmes qui portent des sacs à dos d'enfants ? », a-t-elle rétorqué alors que l'accusé prétendait avoir cru s'en prendre à une adulte. Sylvain Rossetti a baissé définitivement la tête pour murmurer : « Non… »
Ce moment a marqué une rupture dans le récit trop lisse présenté jusqu'alors, soulignant les contradictions d'un homme dont le procès promet de révéler bien d'autres zones d'ombre au fil des audiences.



