Le procès de deux médecins pour homicide involontaire s'ouvre ce mardi devant le tribunal correctionnel de Reims, suite au décès du jeune Corentin Jeras en 2014. Âgé de seulement 11 ans, l'enfant est mort des suites d'une opération chirurgicale à la clinique Claude-Bernard de Metz.
Les faits : une appendicite fatale
Admis deux jours plus tôt pour des douleurs abdominales, Corentin avait été diagnostiqué d'une appendicite nécessitant une intervention. Cependant, durant l'opération, l'aorte du garçon a été perforée. Le choc hémorragique qui en a résulté n'a pas été détecté à temps, entraînant le décès de l'enfant.
Des parents en quête de vérité
Les parents de Corentin, Pierre Jeras et Fatiha Chami, expriment leur douleur et leur incompréhension. « On n'est pas là juste pour récupérer quelques miettes d'une assurance, on souhaitait définir les responsabilités de chacun. On le doit à Corentin », déclare le père, lui-même médecin. Il regrette que toutes les responsabilités ne soient pas mises en évidence, pointant du doigt « les fautes de la clinique, l'absence de personnel qualifié, l'absence de matériel adapté aux petits patients ». Ni la clinique ni le conseil de l'Ordre des médecins de Meurthe-et-Moselle ne figurent parmi les prévenus.
Les chirurgiens face à leurs actes
Le chirurgien à l'origine de l'incision de l'aorte, âgé de 72 ans, a reconnu sa « part de responsabilité », qualifiant l'incident d'« accident ». Son confrère, également âgé de 72 ans et aujourd'hui retraité, a estimé que Corentin « aurait pu être sauvé » si le chirurgien cardio-vasculaire de garde avait été appelé plus tôt. Il a admis s'être « entêté » à vouloir sauver la situation avec son collègue.
Des accusations de « massacre »
Le père endeuillé reconnaît que les erreurs médicales peuvent arriver, mais il assure avoir « la conviction » que le chirurgien a « sciemment » laissé Corentin mourir en « perdant du temps plutôt que de reconnaître son erreur ». Son collègue aurait également dû, selon lui, « appeler un collègue plus qualifié que lui ». La mère de Corentin, Fatiha Chami, présente au procès, a ajouté : « Ce n'est plus une opération, pour moi c'est un massacre. »
Quelques mois avant le drame, un collectif de parents et de patients avait déjà interpellé le conseil de l'Ordre sur les compétences du chirurgien en question. Suspendu pendant quatre ans, ce dernier exerce toujours au Maroc, indique Ouest-France.



