Procès à Lyon d'un quinquagénaire accusé du meurtre de son ex-compagne devant leurs enfants
Procès à Lyon pour meurtre d'ex-compagne devant enfants

Un drame familial sous les yeux des enfants

Le procès d'un quinquagénaire accusé d'avoir assassiné son ex-compagne en mai 2022 s'est ouvert ce mercredi 11 février devant la cour d'assises du Rhône à Lyon. L'homme, âgé de 50 ans, est jugé pour le meurtre particulièrement violent d'une femme de 33 ans, survenu devant trois de leurs enfants à Grézieu-la-Varenne, dans la banlieue ouest lyonnaise.

Une scène de violence insoutenable

Le soir du 8 mai 2022, la police alertée par des voisins pour des faits de violences conjugales a découvert le corps sans vie de la victime devant sa maison. Selon les documents consultés par l'AFP, la femme présentait des plaies profondes et importantes au niveau du cou et du ventre, ainsi que d'autres blessures à la poitrine, au ventre et aux bras.

L'autopsie a révélé la présence de 54 plaies sur le corps, certaines ayant pu être causées par un marteau, d'autres par un objet tranchant d'au moins 15 centimètres, notamment autour du cœur et à la gorge. Le suspect, père de cinq enfants dont quatre avec la victime, s'était rendu à la police dès le soir des faits et est depuis en détention provisoire.

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Un système de protection défaillant

Ce drame survient malgré les mesures de protection dont bénéficiait la victime. La femme était équipée d'un téléphone "grave danger" et avait porté plainte à de multiples reprises contre son ex-conjoint. Ce dernier faisait d'ailleurs l'objet d'un contrôle judiciaire lui interdisant de se rendre à Grézieu-la-Varenne ou d'entrer en contact par quelque moyen que ce soit avec la victime.

L'accusé avait déjà été condamné à deux reprises pour des faits de violences sur une autre ex-conjointe, d'abord en 2007 à trois mois de prison avec sursis, puis en 2008 à un an avec sursis, peine révoquée en juin 2009. Il avait purgé sa peine avant de sortir de détention en décembre 2010.

Des mesures judiciaires insuffisantes

Au moment du meurtre, l'accusé était placé sous contrôle judiciaire depuis mars 2022 pour des violences sur la victime et avait interdiction d'entrer en relation avec elle. Le parquet de Lyon avait saisi le juge des libertés en avril 2022, demandant la fin du contrôle judiciaire et son placement en détention provisoire.

Le juge avait refusé cette demande, renforçant à la place le contrôle judiciaire par une interdiction de se rendre dans plusieurs villes où la victime et sa famille résidaient et une obligation de fixer sa résidence chez sa mère à Vaulx-en-Velin. Ce procès, qui se déroule du 11 au 13 février, met en lumière les tragiques conséquences des violences conjugales et les limites des dispositifs de protection des victimes.

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