Procès de l'agression de Lorenzo à Lattes : des accusés entre regrets et incompréhension
Procès Lorenzo Lattes : accusés entre regrets et incompréhension

Un drame aux conséquences irréversibles

Le procès de l'agression de Lorenzo Roques, qui a laissé le jeune homme de 19 ans tétraplégique, s'est ouvert devant la cour criminelle de l'Hérault. Six accusés, âgés de 26 à 30 ans, doivent répondre de leurs actes lors de cette bagarre survenue le 23 août 2020 à Lattes, près de Montpellier. L'audience, qui doit durer une semaine, est marquée par une forte émotion et des témoignages poignants.

Des profils éloignés de la délinquance habituelle

Les six prévenus présentent des parcours de vie éloignés des habitués des assises. Tous ont un casier judiciaire vierge et exercent des professions stables : Thelma est assistante vétérinaire, Gianni professeur de tennis, Brice contractuel à la préfecture, Thomas électricien, Lucas radiologue industriel et Sébastien chef d'entreprise. La plupart sont des amis d'enfance originaires de Lattes ou Pérols, sans rivalité de bande préexistante.

Le président de la cour, Emmanuélidis, s'interroge sur les raisons de cette "irruption soudaine de violence" entre des "gens bien". Un psychiatre expert ayant examiné les accusés confirme l'absence de conflit initial entre les groupes et note leur bon potentiel de réinsertion.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Une soirée qui a basculé dans l'horreur

Le drame trouve son origine dans un incident survenu au mas du Couran à la sortie du confinement. Brice, pris à partie par des amis de Lorenzo, appelle ses amis à l'aide. Arrivés sur les lieux derrière la piscine des Néréides, les deux groupes en viennent aux mains dans ce qui semble être un affrontement désorganisé.

Sébastien, alors âgé de 19 ans, explique son geste : "Je n'ai pas réfléchi. Pour moi, mes amis étaient en danger, et Lorenzo était devant moi." Il lui fonce dessus comme pour un plaquage, les deux hommes chutent dans un fossé. Lorenzo, touché aux vertèbres, ne remarcha jamais.

À la barre, Sébastien exprime ses remords : "Je n'avais aucune animosité envers lui ou ses potes, je n'étais pas là pour lui faire mal, et je ne lui ai porté aucun coup. Depuis ce jour, ma vie a changé et je tiens à présenter mes excuses à Lorenzo et à sa famille."

Des vies brisées de part et d'autre

L'impact du drame dépasse largement la victime directe. Lucas, un autre accusé, a vu son existence bouleversée. Sa mère raconte les menaces subies : "Deux hommes à scooter ont voulu brûler sa voiture, j'ai eu des menaces de mort, des insultes, sa photo est passée sur les réseaux sociaux. On a tout quitté, la maison, les amis."

Lucas, qui venait de s'engager dans la Marine nationale, a vu sa carrière brisée par sa mise en examen : "Ils ont décidé de m'interdire d'armée à vie, air, terre, mer." Seule la Légion étrangère pourrait lui offrir une seconde chance sous l'uniforme.

À la barre, il maintient : "Je conteste l'accusation, je n'ai porté aucun coup à Lorenzo", tout en admettant avoir frappé Gianni après que ce dernier eut cassé le nez de Thelma, alors sa compagne.

L'absurdité d'une violence incompréhensible

Thomas résume le caractère absurde de cette tragédie : "Une semaine avant, on jouait aux boules avec Lorenzo, à Lattes. Il n'y avait aucune animosité, on était ensemble, à une partie de pétanque."

Face aux questions insistantes du président sur les raisons de ce "passage à la violence", Lucas élude : "Il n'y a pas d'explication." Le magistrat lui répond : "Il va falloir en trouver une, c'est un peu l'objet de cette audience."

Thelma, effondrée en pleurs dès son arrivée à la barre, déclare : "Je pense que ça nous a à tous servi de leçon. J'espère qu'on pourra comprendre qu'on a évolué, qu'on a grandi et qu'on s'en veut énormément."

Le verdict est attendu pour le 14 avril, mettant fin à trois années d'attente pour toutes les parties concernées par ce drame aux conséquences irréversibles.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale