Procès Lassalle : le lycéen présente ses excuses, les experts divergent
Procès Lassalle : excuses du lycéen, experts en désaccord

Ce jeudi 23 avril, au troisième jour du procès pour assassinat du lycéen qui a tué sa professeure Agnès Lassalle, trois ans plus tôt, à Saint-Jean-de-Luz, la question de la psychiatrie, du discernement et des premières excuses a été au cœur des débats. Ce jour crucial a vu défiler quatre psychiatres et un pharmacologue à la barre pour exposer leurs expertises sur l’accusé, aujourd’hui âgé de 19 ans.

Des excuses formulées pour la première fois

Au lendemain des témoignages de la partie civile et au fil des analyses psychiatriques, l’accusé a pour la première fois formulé des excuses à la partie civile, ce jeudi 23 avril. Cependant, le jeune homme n’est toujours « pas en mesure de nommer précisément ce qui l’habitait à ce moment-là », ont indiqué Mes Sébastien Binet et France Deiss-Rabbé, avocats de la partie civile. « Il n’a jamais parlé de haine de sa professeure, ont-ils poursuivi. On a l’impression qu’il essaie de trouver des réponses. Son discours est de dire qu’il avait un mal-être dans le milieu scolaire, notamment en espagnol, et que, malheureusement, Agnès Lassalle était là. » Quant aux excuses, « étaient-elles de circonstance ou pleinement investies ? Chacun appréciera ».

Pour l’avocat de l’adolescent, Me Thierry Sagardoytho, son client « a pu demander pardon aux victimes, mais il ne l’éprouve pas avec la même intensité, la même sensibilité que n’importe quel meurtrier accusé dans une salle d’audience ».

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

L’altération, une « hypothèse médiane »

Après avoir entendu les différents psychiatres, certains concluant à une pleine responsabilité, d’autres à une légère altération du discernement, et un dernier à une abolition du discernement (qui l’aurait rendu irresponsable pénalement si elle était retenue), l’avocat palois estime que « la voie de l’altération est apparue comme une hypothèse médiane parfaitement argumentée, peut-être plus conforme à ce que l’accusé décrit et qui est possiblement une porte de sortie honorable à ce dossier ».

La divergence des expertises psychiatriques rend cette affaire d’autant plus complexe à juger. Un collège d'experts a retenu une « légère altération du discernement » de l’élève, en raison du harcèlement scolaire qu’il subissait, de sa dépression, de son anxiété chronique et de son traitement sous psychotropes. Selon le pharmacologue, le médicament qu’il prenait (la sertraline) est un élément qui pourrait « favoriser un passage à l’acte », mais à un degré de probabilité faible.

L’abolition, peu convaincante ?

Deux autres psychiatres, celui qui a mené la première expertise et celui qui a reçu l’adolescent lors de la garde à vue, établissaient sa pleine responsabilité, écartant même l’altération. Si ce dernier affirmait avoir entendu des voix l’incitant à faire le mal, aucun expert n’a décelé de troubles psychotiques chez lui. Un seul psychiatre, celui qui a mené une dernière expertise, assurait que l’accusé « était au moment des faits atteint d’un trouble psychique sévère ayant aboli son discernement ». Une hypothèse écartée par la chambre de l’instruction en juin 2025 et qui aurait, semble-t-il, peu convaincu les magistrats, et encore moins les avocats de la partie civile ce jeudi. Les juges et jurés trancheront vendredi, jour du verdict.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale