Procès DZ Mafia à Aix : le parcours criminel de Gabriel Ory détaillé
Procès DZ Mafia : le parcours de Gabriel Ory dévoilé

Procès sous haute sécurité : le portrait troublant d'un chef présumé de la DZ Mafia

Dans les premiers jours de ce procès placé sous très haute sécurité, la cour d'assises des Bouches-du-Rhône à Aix-en-Provence a minutieusement dessiné le portrait psychologique de Gabriel Ory, l'un des chefs présumés de la DZ Mafia. Un parcours criminel qui plonge ses racines dans une enfance marquée par l'instabilité et la précarité.

Une enfance mouvementée dans les quartiers Nord de Marseille

Gabriel Ory, aujourd'hui âgé de 30 ans, est né à Niort dans les Deux-Sèvres. Sa mère l'a soustrait à des violences paternelles redoutées alors qu'il n'avait pas trois jours. Après une "disparition administrative" pour échapper aux recherches de son mari, elle s'installe à la Visitation, une cité paupérisée des quartiers Nord de Marseille. C'est dans cet environnement difficile que le jeune Gabriel devra "affirmer sa personnalité, faire sa place" selon les termes d'un éducateur spécialisé.

Les efforts de sa mère pour le protéger des tentations du quartier ont été nombreux : séjour en Haute-Garonne pour l'éloigner, suivi dans un centre médico-psychologique, hospitalisation dans le service du pédopsychiatre Marcel Rufo pour "des idées noires, une crise de colère contre lui-même". Un témoin a même rapporté l'anecdote troublante d'un père ayant offert à Gabriel, alors âgé de seulement trois ans, une médaille en forme de feuille de cannabis.

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L'entrée précoce dans la délinquance

"À 16 ans, il a des envies, des besoins, il a le goût de l'argent et sa famille est modeste", a détaillé un enquêteur de personnalité. Cette attirance pour l'argent facile le conduit rapidement vers la vente de drogue. Lorsque le réseau lui reproche une dette, Gabriel Ory, encore mineur, se lance dans une série de braquages de tabacs et de commerces. En 2012, lors de l'attaque d'une bijouterie, il se fait même tirer dessus.

Son parcours carcéral débute en 2013 à l'âge de 17 ans et s'émaille rapidement de violences sur d'autres détenus et d'outrages envers des surveillants. "Il cumule des condamnations qui rajoutent des peines à la peine", a analysé l'enquêteur, relevant également "sa difficulté à accepter l'autorité".

Des excuses et un calme retrouvé dans le box des accusés

À la reprise de l'audience, certains accusés ont présenté des excuses pour les incidents de la veille, où des journalistes avaient notamment été pris à partie. "J'ai eu une mauvaise réaction", a reconnu Zaineddine Ahamada, accusé d'être le tireur dans le double assassinat commis en 2019, des faits antérieurs à l'émergence de la DZ Mafia.

Gabriel Ory, qui avait quitté l'audience la veille en colère, a également présenté ses excuses : "Nos conditions (de détention) sont indignes, hier je n'ai pas été patient". L'accusé, qui est à l'isolement, a fait référence à ses conditions d'incarcération difficiles, comparant le traitement entre la prison d'Aix-Luynes et celle de Vendin dans le Pas-de-Calais où il est habituellement incarcéré.

Un profil psychologique complexe

L'expertise psychiatrique a révélé chez Gabriel Ory une grande impulsivité, une enfance marquée par "une mère dépassée" et une tendance à mettre en cause les autres. L'accusé maintient son innocence, affirmant avoir été "dénoncé par un tiers de manière fallacieuse".

L'experte-psychiatre a cependant précisé qu'il n'y avait pas de pathologie mentale caractérisée, évoquant seulement "une coloration psychopathologique". Elle a souligné : "Il ne se livre pas et je n'ai que quelques pièces de puzzle, pas suffisamment pour codifier une personnalité psychopathique caractérisée".

Le calme est finalement revenu dans le box où les cinq accusés ont mis un terme à leurs bavardages incessants, alors que les enquêteurs de personnalité et experts-psychiatres détaillaient leurs profils respectifs. L'ensemble des audiences se déroule dans une salle et un palais de justice placés sous très haute sécurité, compte tenu du profil particulièrement sensible des personnes mises en cause dans cette affaire criminelle majeure.

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