Procès de la DZ Mafia : la lente dégringolade de « Gaby » dans la criminalité et la banalisation de la violence
Les personnalités de deux hommes considérés aujourd'hui comme étant à la tête de la DZ Mafia ont été examinées par la cour d'assises des Bouches-du-Rhône. Les experts ont décrit des parcours émaillés de violences familiales, une plongée précoce dans le stupéfiant et une recherche de l'argent facile.
Une audience sous haute tension
« On va arrêter le procès, vous allez le faire sans nous ! » Il est 17 heures ce mardi 24 mars, dans le box des accusés, Amine Oulane tend un doigt menaçant vers la présidente de la cour d'assises des Bouches-du-Rhône. Gabriel Ory se lève également, alors que l'audience n'est pas encore suspendue, et tente de se frayer un chemin vers la sortie du box protégée par une rangée de gendarmes armés et cagoulés.
Agités, furieux, les deux hommes écoutent depuis le matin un défilé d'experts – psychologue, psychiatre, enquêteurs de personnalité – évoquer avec plus ou moins de brio et de subtilité leurs personnalités et n'ont toujours pas pu s'exprimer. Cette audience sous haute surveillance n'a commencé que la veille, mais elle est déjà décousue, et la présidente n'a prévu de les entendre que le lendemain malgré leurs demandes insistantes.
Des incidents répétés
« Sortez-moi ceux qui se sont permis de m'invectiver », s'énerve-t-elle, puis elle leur refuse, après la suspension d'audience, l'accès au box. « Je vous assure que je vais assurer la tranquillité des débats. » Deuxième journée d'audience à Aix-en-Provence, deuxième incident. La veille déjà, les deux accusés considérés aujourd'hui comme les dirigeants de la tentaculaire et ultra-violente DZ Mafia, clan criminel ayant pris possession des réseaux de deals marseillais et à l'origine de la majorité des règlements de comptes, avaient manifesté leur mécontentement.
Les experts ont souligné comment ces individus ont progressivement sombré dans la criminalité, avec une banalisation inquiétante de la violence dans leur quotidien. Leurs parcours sont marqués par des antécédents familiaux difficiles et une entrée précoce dans le trafic de stupéfiants, cherchant constamment des gains rapides et illégaux.
Cette audience révèle les mécanismes profonds qui ont conduit à l'émergence de ce clan criminel, mettant en lumière les failles sociales et les dynamiques de violence qui alimentent ces organisations. Les débats se poursuivent dans une atmosphère tendue, avec des accusés qui contestent vivement les accusations et les analyses des experts.



