Procès d'une famille du voyage pour escroqueries en Dordogne : quatre ans requis
Procès d'une famille du voyage pour escroqueries en Dordogne

Procès d'une famille du voyage pour escroqueries en Dordogne : quatre ans de prison requis

Le tribunal correctionnel de Périgueux a examiné, lundi 9 février, le cas de quatre membres d'une même famille appartenant à la communauté des gens du voyage. Ces individus, un père, une mère et deux de leurs fils, étaient poursuivis pour des faits d'escroquerie et d'abus de faiblesse. Aucun d'entre eux ne s'est présenté à l'audience, le patriarche étant gravement malade et hospitalisé à Bordeaux, tandis que son épouse et leurs enfants se tenaient à son chevet.

Une vingtaine d'arnaques détaillées par le tribunal

La justice a eu la tâche laborieuse de détailler une vingtaine d'histoires d'arnaques commises par cette famille un peu partout en Dordogne. Le premier mode opératoire concernait l'ensemble du clan. Entre 2024 et 2025, ils ont effectué de nombreux achats en utilisant le chéquier d'un homme qu'ils appelaient « leur oncle » devant les autorités ou « mon comptable » dans leurs contacts téléphoniques. Cependant, un détail crucial a chamboulé toutes les transactions : le compte de cet homme, dont le nom figure parmi les 24 victimes, était clôturé depuis 2023.

Avec ces faux chèques, les accusés agissaient toujours de la même manière. Ils laissaient un chèque à leurs vendeurs et, lorsque ceux-ci se rendaient compte que les paiements étaient rejetés, les arnaqueurs disparaissaient. Chaque transaction se faisait en présence de « l'oncle », qui signait lui-même ses chèques. Interrogé par les enquêteurs, cet homme a avoué « être au courant que ces chèques étaient faux » et avoir agi ainsi « pour aider sa famille de cœur ».

Une victime vulnérable et exploitée

Une expertise psychiatrique a révélé que la victime souffrait d'une « dépendance psychique et affective ne lui permettant pas de se défendre face à des personnes mal intentionnées ». L'enquête mentionne également que ce sexagénaire a dû vendre au moins deux biens immobiliers pour rembourser ses dettes. Il vivait depuis quelques années « dans un mobil-home délabré et insalubre, sans eau ni chauffage », installé sur un terrain appartenant aux prévenus.

Sa carte bancaire et son compte n'étaient plus à sa disposition. En près de dix ans, les malfrats lui auraient extorqué « entre 400 000 et 500 000 euros » selon ses dires, mais son avocate estime le préjudice matériel à 678 000 euros, notamment à base d'emprunts. Les mis en cause affirment que « l'argent [leur] a été donné et [la victime] en a profité aussi ».

Démarchages frauduleux et extorsion

En parallèle, l'aîné de la fratrie, âgé de 23 ans, s'est adonné à des démarchages frauduleux. Il proposait ses services pour divers travaux et, au moment du paiement, le terminal prélevait une somme bien plus importante que celle annoncée, par exemple 2 050 euros au lieu de 50. Par ce moyen, il a également extorqué 20 000 euros à une octogénaire pour un chantier qu'il n'a jamais terminé. Par la suite, il s'est attaché à elle et a emprunté auprès de sa banque, en se faisant passer pour son petit-fils, pour acheter deux voitures.

Réquisitions du procureur et délibéré à venir

Le procureur de la République, Jacques-Édouard Andrault, a requis quatre ans d'emprisonnement avec mandat d'arrêt pour le père et l'aîné, et un an avec mandat d'arrêt pour la mère et le jeune frère. S'ajoutent pour tous des peines d'inéligibilité, d'interdictions de contact et d'exercer une activité de démarchage, ainsi que de possession d'un chéquier. Le délibéré sera rendu lundi 16 mars, laissant la justice trancher sur le sort de cette famille impliquée dans des affaires d'escroquerie à grande échelle en Dordogne.