Attaque à l'acide à La Rochelle : le procès révèle des parcours chaotiques
Procès d'une attaque à l'acide à La Rochelle : parcours chaotiques

Un procès pour une attaque à l'acide qui a coûté un œil à la victime

La cour criminelle de Charente-Maritime, réunie à Saintes, a examiné mardi 31 mars le dossier d'un vol avec violences survenu le 14 février 2024 à La Rochelle. Ce procès met en lumière l'agression brutale subie par Romain, un jeune homme de 23 ans dont la vie a basculé lors de cette triste Saint-Valentin.

Une victime confrontée à un quotidien chamboulé

Romain, dont le prénom a été modifié pour préserver son anonymat, a témoigné avec une voix empreinte de tristesse. « Il y a trois mois, j'ai appris que je ne pourrai pas récupérer mon œil. Ça a tout plombé alors que j'avais encore un espoir d'y revoir un peu », a-t-il confié. Depuis cette attaque à l'acide, son existence a été profondément bouleversée.

Le jeune homme, qui souhaitait initialement acheter du cannabis pour 150 euros, s'est retrouvé aspergé d'acide alors qu'il tentait de se défendre lors d'une tentative de vol. Cette agression lui a causé la perte définitive de son œil gauche, une infirmité permanente qui a radicalement transformé son quotidien.

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Les accusés : Dylan David-Dubois et Sacha Gobin

Les deux jeunes hommes jugés, Dylan David-Dubois (21 ans) et Sacha Gobin (20 ans), font face à des accusations graves de vol avec violences ayant entraîné une infirmité permanente. Leurs parcours de vie, révélés lors des audiences, sont marqués par l'instabilité et la confrontation précoce avec la justice.

Dylan David-Dubois compte déjà dix mentions à son casier judiciaire, principalement pour des vols avec violences et des vols en réunion. Lors de son audition, il s'est montré très effacé, refusant d'évoquer sa jeunesse à Rochefort. Un expert psychologique a relevé chez lui « quelques traits psychopathiques dans un contexte abandonnique » ainsi qu'une « banalisation de la violence ».

Sacha Gobin, considéré comme l'initiateur du vol, a grandi dans un environnement familial difficile avec des parents séparés et des drames familiaux. L'expertise psychologique le décrit comme « immature et influençable », bien qu'il ait exprimé de la compassion envers la victime.

Le déroulement tragique des événements

Le 14 février 2024, Romain cherchait à acheter du cannabis via un intermédiaire. Le rendez-vous était fixé près du Gabut et du terrain de basket à La Rochelle. Accompagné d'un adolescent de 14 ans, il a rencontré Sacha Gobin, alors âgé de 18 ans.

Mais Gobin n'avait aucune intention de vendre du cannabis. Son plan était simple : s'emparer de l'argent dans le cadre d'un « carottage » classique. Lorsque Romain a sorti trois billets de 50 euros, Gobin les a saisis avant de tenter de prendre la fuite.

La victime n'a pas accepté de se laisser faire. Elle a rattrapé son agresseur par la bandoulière et lui a asséné un coup. C'est à ce moment que Dylan David-Dubois est intervenu, aspergeant le visage de Romain avec de l'acide pour « aider » son complice.

Des conséquences physiques et psychologiques dévastatrices

L'attaque a plongé Romain dans un calvaire physique et psychologique. Touché à l'œil gauche, il a subi une douleur incommensurable. « Je n'ai pas compris que c'était de l'acide… », a-t-il témoigné, expliquant souffrir d'un syndrome post-traumatique qui l'a contraint à quitter la région.

À ce jour, le jeune homme a déjà subi six greffes. « J'ai beaucoup souffert physiquement. Quand ça me brûlait, je ne pouvais plus bouger, j'avais des maux de tête… », a-t-il décrit. Les conséquences sociales sont tout aussi lourdes : « Certaines amies ne me font plus la bise », a-t-il confié, révélant comment le regard des autres l'affecte profondément.

La mère de Romain est également venue témoigner, évoquant son fils unique « qui rigolait tout le temps » et qui aspirait à devenir serveur-barman, un projet désormais compromis.

Des regrets exprimés par les accusés

Face à la cour, les deux jeunes accusés ont exprimé leurs remords. « Je m'excuse mille fois », a déclaré Sacha Gobin. « Même si c'est une mauvaise intention, je voulais le voler mais pas que ça finisse comme ça ».

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Dylan David-Dubois, auteur des blessures irréversibles, a pour sa part affirmé : « Ce que j'ai fait est impardonnable. J'espère qu'il va aller mieux, fonder une famille ». Il a expliqué avoir acheté l'acide pour régler des problèmes à Rochefort, dans l'intention de brûler des vêtements, et avoir agi sous l'effet de l'alcool et de la panique.

Un verdict attendu avec impatience

Le président de la cour criminelle, Franck Wastl-Deligne, a souligné l'absurdité tragique de cette affaire en demandant : « Tout ça pour 150 euros… ». Le verdict était attendu pour le mercredi 1er avril en fin de journée, mettant un terme à un procès qui a révélé la profondeur des blessures physiques et psychologiques causées par cette violente agression.