Un procès aux assises du Gard pour le meurtre de Sihem Belouahmia
Ce lundi, Mahfoud Hansali, 42 ans, comparaît devant la cour d'assises du Gard pour le meurtre de Sihem Belouahmia, une jeune fille de 18 ans tuée le 26 janvier 2023 à La Grand-Combe, près d'Alès. La disparition de Sihem, survenue seulement une semaine après son anniversaire, avait tenu en haleine toute la région jusqu'à la découverte tragique de son corps le 2 février dans un sous-bois aux Salles-du-Gardon. L'autopsie a révélé qu'elle est morte étranglée, après avoir reçu au moins un violent coup au visage, et avait consommé de la cocaïne peu avant son décès.
Un accusé au lourd passé judiciaire
Mahfoud Hansali, déjà condamné à douze ans de réclusion en 2015 pour un braquage à Alès, risque désormais la perpétuité. Sorti de prison en février 2021, il survivait grâce à de petits deals et était réputé colérique et prêt à tout pour gagner de l'argent. Au moment des faits, il était en proie à des dettes, un divorce et craignait une lourde peine pour une agression datant de 2011, dont le procès est prévu le 28 mars, au lendemain du verdict dans cette affaire.
Deux versions contradictoires pour un crime
L'accusé affirme avoir entretenu une liaison cachée avec Sihem, cousine de sa compagne, qui gardait régulièrement leurs enfants. Selon lui, la soirée du 26 janvier a dégénéré après une dispute, Sihem menaçant de révéler leur relation. Il dit l'avoir giflée et plaquée contre un mur jusqu'à son effondrement. Cependant, l'enquête n'a pas confirmé cette histoire passionnelle.
En revanche, Sihem avait raconté à ses proches une sombre affaire d'arnaque : Mahfoud Hansali lui aurait proposé de jouer le rôle d'une victime dans une mise en scène pour escroquer des trafiquants de drogue, lui promettant 10 000 euros sur les 100 000 euros prévus. Cette version est jugée invraisemblable par la famille, représentée par Me Mourad Battikh, qui y voit une stratégie de défense pour atténuer l'intention criminelle.
Une audience difficile et des attentes familiales
Les avocats de l'accusé, Me Jean-Marc Darrigade et Me Florent de Saint-Julien, anticipent une audience éprouvante. Mahfoud Hansali a avoué le meurtre et exprime son consternation, mais, comme le souligne Me Darrigade, "il a conscience que quoi qu'il réponde, il ne satisfera personne". Pour la famille de Sihem, ce procès est un moment de vérité et d'épreuve, cherchant des réponses plutôt que la vengeance, dans une affaire où zones d'ombre et flou persistent.
Le corps à demi dévêtu de Sihem a été retrouvé sur les indications de l'accusé, ajoutant au drame. La famille, plongée dans le chagrin et la colère, espère que la justice fera la lumière sur ce féminicide, tandis que Mahfoud Hansali fait face à un avenir judiciaire sombre, avec des procès enchaînés qui soulignent son parcours criminel.



