Le procès du cardinal Angelo Becciu va être relancé par la justice vaticane
Une cour d'appel du Vatican a ordonné mardi la tenue d'un nouveau procès pour le cardinal Angelo Becciu, ancien proche conseiller du pape François, condamné en décembre 2023 à cinq ans et demi de prison et 8 000 euros d'amende pour détournement de fonds. Cette décision fait suite à des irrégularités de procédure identifiées lors du procès initial, mais la peine prononcée en première instance est maintenue dans l'attente de cette nouvelle procédure judiciaire.
Des vices de procédure justifient la réouverture du dossier
La cour d'appel a justifié sa décision en invoquant des vices de procédure lors du premier procès contre le cardinal Becciu. Une audience préliminaire est programmée pour le 22 juin, dont l'objectif principal sera d'établir un calendrier précis pour les audiences successives de ce nouveau procès. Cette réouverture intervient dans un contexte où le cardinal, bien que conservant son titre, a été démis de toutes ses fonctions en septembre 2020 suite au scandale financier.
Un immeuble de luxe à Londres au cœur du scandale
Au centre de cette affaire se trouve l'acquisition controversée d'un immeuble de luxe à Londres, évalué à 350 millions d'euros, entre 2014 et 2018. Cet achat, réalisé dans le cadre des activités d'investissement du Saint-Siège, a été effectué à un prix largement surévalué, mettant en lumière l'utilisation imprudente du Denier de Saint-Pierre, la collecte annuelle de dons destinée aux œuvres caritatives du pape. Le Vatican a finalement revendu ce bâtiment de 17 000 m² situé dans le quartier huppé de Chelsea, subissant une perte financière estimée entre 140 et 190 millions d'euros.
Les implications financières et politiques du procès
Le cardinal Angelo Becciu, ancien numéro deux de la Secrétairerie d'État, a été reconnu coupable d'avoir ordonné le versement de 200,5 millions de dollars à un fonds d'investissement spéculatif dirigé par Raffaele Mincione, également condamné à cinq ans et demi de prison. Ce procès a mis en évidence les finances opaques du Saint-Siège, que le pape François s'était efforcé d'assainir depuis son accession en 2013. En raison de sa condamnation, le cardinal n'a pas pu participer au conclave qui a élu le pape Léon XIV l'année dernière, soulignant l'impact politique de cette affaire.
Ce nouveau procès promet de relancer les débats sur la gouvernance financière du Vatican et les réformes engagées sous le pontificat actuel.



