Prison de Condé-sur-Sarthe : Darmanin conteste des violences systémiques
Prison de Condé-sur-Sarthe : Darmanin conteste les accusations

Humiliations, violences et abus de pouvoir… Les accusations sont graves, mais Gérald Darmanin les conteste. La Contrôleure générale des lieux de privation de liberté (CGLPL) dénonce des « violences systémiques » commises contre les détenus de la prison de haute sécurité de Condé-sur-Sarthe, dans l’Orne.

Darmanin rejette les accusations

Dans un courrier adressé ce mercredi à l’autorité indépendante, le garde des Sceaux assure qu’aucun élément n’a, à ce stade, permis d’établir une atteinte avérée aux droits fondamentaux des détenus. La CGLPL fonde ses conclusions sur une visite menée du 4 au 7 mai par six contrôleurs. Son rapport décrit un climat marqué par les humiliations, les violences et les abus de pouvoir.

Agents cagoulés et sentiment d’impunité

La Contrôleure générale vise notamment le fonctionnement du quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO), où étaient détenues 38 personnes lors de l’inspection. Ce quartier ultra-sécurisé a été ouvert à l’automne 2025 pour accueillir des détenus considérés comme des figures de la criminalité organisée.

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Les agents du QLCO, mais aussi du quartier d’isolement ou de l’équipe locale de sécurité pénitentiaire (ELSP), sont en permanence cagoulés, ce qui ne permet pas aux détenus « d’identifier les agents fautifs », créant ainsi un « sentiment d’impunité », relève notamment ce document. Certaines pratiques de surveillants relèvent « d’une logique d’intimidation et d’abus de pouvoir ».

Jeux d’humiliation et réveils nocturnes

Dès 7 heures, la prise de service peut s’accompagner de cris dans les coursives, de coups portés dans les portes, d’interpellations agressives ou d’insultes. Des mots-clefs désincarnés sont lancés aux détenus : « Parloir », « Fenêtre », « Promenade »…, poursuit le rapport.

« Plusieurs témoignages concordants ont rapporté une pratique consistant à placer les éléments des repas dans une corbeille tenue en hauteur en défiant le détenu de s’en saisir sans toucher ladite corbeille, sous peine de ne pas recevoir de nourriture et de subir des violences », dénonce le rapport de la CGLPL, autorité administrative indépendante chargée de défendre les droits fondamentaux dans les prisons.

Des nuits sous tension

La nuit, certains contrôles à l’œilleton servent « de prétexte » à des réveils volontaires par « allumage de la lumière, coups de pied dans la porte ou injonctions adressées aux occupants des cellules ». La CGLPL estime que ces faits « portent gravement atteinte à la dignité des personnes détenues » et exigent qu’ils « cessent immédiatement ».

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