Deux hommes condamnés à Périgueux pour séquestration et tentative d'extorsion
Périgueux : deux hommes condamnés pour séquestration et extorsion

Deux hommes condamnés à Périgueux pour une nuit de violences et de séquestration

Ce mardi 10 février, le tribunal correctionnel de Périgueux a rendu son verdict dans une affaire de violences particulièrement grave. Deux hommes, âgés de 47 et 35 ans, ont été jugés en comparution immédiate pour des faits de séquestration, de coups et de tentative d'extorsion commis dans la nuit du 5 au 6 février à Tocane-Saint-Apre. À l'issue de l'audience, les deux prévenus ont été maintenus en détention, confirmant la sévérité des actes qui leur sont reprochés.

Une soirée qui tourne au cauchemar

Selon les déclarations des accusés, la soirée avait pourtant débuté de manière cordiale. La victime, un homme placé sous curatelle, s'était rendue chez Joe Sanco, le plus jeune des deux prévenus, pour acheter de la cocaïne. Les trois hommes ont ensuite partagé des bières et des rails de cocaïne, avant de se rendre chez un ami à Périgueux. C'est au retour à Tocane que la situation a brutalement dégénéré.

La victime ayant annoncé qu'elle ne pourrait pas régler immédiatement une dette de 200 euros liée à la drogue, les deux hommes se sont mis en colère. « Tu nous as pris pour ta pute ? » a lancé Joe Sanco, tandis que Messaoud-Kamel Chérifi, le plus âgé, intimait à la victime : « Tu ne pars pas d'ici ». Les menaces se sont rapidement transformées en actes de violence.

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Violences et séquestration devant témoins

Devant plusieurs invités présents sur les lieux, les deux prévenus ont frappé à plusieurs reprises la victime, qui était assise sur un tabouret. Messaoud-Kamel Chérifi a brandi des sangles en déclarant : « Tu vas voir ce que ça fait d'être étranglé ». Joe Sanco, quant à lui, s'est réclamé du groupe de motards hors-la-loi des Hells Angels, affirmant : « Nous, on n'a peur de personne ».

Malgré leurs aveux partiels concernant les gifles, les deux hommes ont nié en bloc les coups de poing et la séquestration. Pourtant, comme l'a rappelé le procureur de la République de Périgueux, Jacques-Édouard Andrault, « le seul fait d'avoir retenu une personne contre son gré est constitutif du délit de séquestration ». La victime a été conduite de force à un distributeur automatique dans le but de lui extorquer de l'argent, selon les déclarations de la partie civile.

Des peines sévères prononcées par le tribunal

Les avocats de la défense ont tenté de mettre en lumière les incohérences du dossier et le nombre limité de jours d'incapacité totale de travail (ITT) accordés à la victime. Cependant, le tribunal n'a pas été convaincu par ces arguments. Messaoud-Kamel Chérifi a été condamné à deux ans de prison ferme, avec révocation de huit mois de sursis pour violences aggravées. Son acolyte, Joe Sanco, également poursuivi pour trafic de stupéfiants, a écopé de trois ans d'emprisonnement, dont deux assortis d'un sursis probatoire renforcé.

Cette affaire met en lumière la dangerosité de certains réseaux liés à la drogue et la rapidité avec laquelle une soirée apparemment banale peut basculer dans la violence la plus extrême. Les tatouages distinctifs des deux prévenus – l'un à l'arrière du crâne, l'autre dans le cou – resteront comme les marques visibles de leur passage devant la justice.

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