Le Portugal rétablit l'avis médical obligatoire pour changer de genre à l'état civil
Portugal rétablit l'avis médical pour changement de genre

Le Portugal rétablit l'avis médical obligatoire pour changer de genre à l'état civil

Le parlement portugais a adopté, vendredi, en première lecture, plusieurs textes de loi qui réintroduisent l'obligation de présenter un avis médical pour toute modification du genre et du prénom à l'état civil. Cette décision marque un tournant significatif, car elle remet en cause le principe d'autodétermination instauré il y a huit ans, permettant jusqu'alors un changement sur simple déclaration à partir de 16 ans.

Une coalition politique à l'origine de la réforme

Ces trois propositions de loi ont été présentées et votées par une coalition formée du Parti social-démocrate du Premier ministre Luis Montenegro, de son allié conservateur, le CDS-PP, et du parti d'extrême droite Chega, qui représente la deuxième force politique du pays. Les textes devront désormais être fusionnés en un seul document avant d'être soumis à un vote final, une étape cruciale pour leur adoption définitive.

La fin de la loi de 2018 sur l'autodétermination

Dans la pratique, ces textes visent explicitement à abroger la loi de 2018, qui avait instauré un système basé sur l'autodétermination. « Des décisions de cette nature ne devraient pas être prises sans l'accompagnement clinique nécessaire », a déclaré la députée Andreia Neto lors du débat précédant le vote. À l'inverse, la députée socialiste Isabel Moreira a fermement critiqué cette approche, estimant que les textes adoptés constituent « une atteinte à la santé, à la dignité et à la liberté des personnes trans et intersexe ».

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Des critiques vigoureuses des associations et des professionnels de santé

Les projets de réforme ont suscité de vives réactions de la part de plusieurs associations de défense des droits des minorités sexuelles, ainsi que de représentants du corps médical. L'Association pour le planning familial a mis en garde contre « un recul politique », tandis que la Société portugaise de sexologie clinique a dénoncé une mesure « scientifiquement infondée », susceptible d'aggraver la vulnérabilité d'une population déjà marginalisée.

L'organisation ILGA-Europe avait également appelé le parlement portugais à rejeter ces textes, les qualifiant de « portant atteinte aux droits des personnes trans et intersexe ». « Ce qui se passe au Portugal ne surgit pas de nulle part. Partout en Europe, nous constatons que certains partis politiques ciblent de plus en plus les personnes trans et intersexe en recourant à des tactiques similaires : invoquer le « sexe biologique », la « protection de la famille » et la « protection de l'enfance » pour justifier des reculs en matière de droits », a regretté l'ONG, soulignant une tendance préoccupante à l'échelle continentale.

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