Hérault : un plan départemental pour intensifier la lutte contre les violences faites aux femmes
Face à la hausse persistante des violences intrafamiliales, un schéma innovant a été mis en place pour renforcer et coordonner la lutte contre ce fléau sociétal dans l'Hérault. Ce vendredi 6 mars, en préfecture, le premier plan départemental de lutte contre les violences faites aux femmes a été officiellement signé, en présence des procureurs de Montpellier et Béziers, ainsi que de la vice-présidente aux solidarités du conseil départemental. Cette initiative intervient à la veille de la Journée internationale des droits des femmes, soulignant l'urgence d'agir face à une situation alarmante.
Une augmentation préoccupante des violences
Selon les données récentes, les victimes de violences intrafamiliales ont augmenté de 7,1% en 2025 dans l'Hérault, passant de 5 664 personnes en 2024 à 6 088 en 2025. La préfète Chantal Mauchet a insisté sur la nécessité de cette action, évoquant "la persistance des violences sexistes et sexuelles dont les femmes continuent d'être victimes". Malgré le triplement des moyens nationaux dédiés aux politiques d'égalité entre 2020 et 2025, et le renforcement des dispositifs comme l'extension des horaires du 39 19 ou l'amplification des formations des forces de l'ordre, le problème reste criant.
Six axes de travail prioritaires
Le plan départemental s'articule autour de six axes clés, définis pour une approche coordonnée entre l'État, le Département et la justice :
- L'hébergement d'urgence, avec une attention particulière portée à l'insertion professionnelle pour renforcer l'autonomie des victimes.
- La formation et la prévention, afin de sensibiliser davantage les acteurs concernés.
- La protection des enfants, souvent témoins ou victimes collatérales de ces violences.
- La lutte contre l'exploitation sexuelle, pour aborder toutes les formes de violences.
- La concertation et la communication, pour assurer une meilleure coordination entre les différents intervenants.
- L'objectivation des violences grâce à l'observatoire départemental des violences sexistes et intrafamiliales, permettant un suivi précis des données.
Chantal Mauchet a souligné que "l'histoire ne progresse pas toujours en ligne droite, les droits humains ne sont jamais acquis. C'est pourquoi nous devons être mobilisés et aller plus loin".
Des actions concrètes sur le terrain
Sur le plan de l'hébergement, le nombre de places d'urgence est passé à 137 depuis 2019, mais cette hausse reste insuffisante face à la croissance de la population concernée. Outre Montpellier, Béziers dispose d'un centre d'hébergement et d'une équipe mobile d'accompagnement en urgence. Une expérimentation en milieu rural, dans les hauts cantons, est également prévue, bien que son calendrier n'ait pas encore été précisé.
Du côté judiciaire, Thierry Lescouarc'h, procureur de la République à Montpellier, a rappelé que "le traitement des violences intrafamiliales est une priorité de politique pénale". Il a insisté sur l'interdiction des mains courantes en matière de VIF et sur la mise en place d'un circuit dédié avec des magistrats spécialisés. En 2025, 800 affaires ont été traitées, dont 300 ont donné lieu à des poursuites et 200 auteurs ont été déférés. Actuellement, 80 femmes sont équipées d'un téléphone grave danger, et des stages de responsabilité parentale sont imposés à certains auteurs pour protéger les enfants.
Une mobilisation nécessaire pour l'avenir
Malgré ces avancées, tous les acteurs reconnaissent que "tout n'a pas été fait" pour garantir aux femmes l'accès au "droit à la dignité, la protection et l'égalité". Ce schéma départemental représente un grand pas en avant, mais il appelle à une mobilisation continue et renforcée pour endiguer durablement ce fléau. La collaboration entre les différentes institutions reste essentielle pour transformer ces engagements en actions efficaces sur le terrain.



