Perquisition chez Engie dans l'enquête sur Rachida Dati, soupçonnée de rémunération non déclarée
Perquisition chez Engie dans l'enquête sur Rachida Dati

Perquisition chez Engie dans le cadre de l'enquête sur Rachida Dati

Le parquet national financier (PNF) a confirmé ce vendredi que des enquêteurs ont perquisitionné jeudi les locaux du groupe énergétique Engie, anciennement GDF Suez. Cette opération judiciaire s'inscrit dans le cadre d'une information judiciaire ouverte sur des soupçons de rémunération de Rachida Dati par le groupe d'énergie alors qu'elle siégeait au Parlement européen, selon des informations de France Télévisions et du Nouvel Obs.

Une enquête qui s'étend sur plusieurs fronts

Suite à un signalement de Tracfin, le service de renseignement financier français, le PNF a ouvert l'année dernière une enquête préliminaire pour examiner d'éventuelles relations d'intérêts avec l'Azerbaïdjan et le Qatar durant le mandat européen de Rachida Dati. La maire du 7e arrondissement de Paris a siégé au Parlement européen de 2009 à 2019.

Cette enquête préliminaire a conduit, le 14 octobre, à l'ouverture d'une information judiciaire concernant des soupçons de corruption, trafic d'influence, détournement de fonds publics, recel et blanchiment en lien avec l'exercice de son mandat de parlementaire européen.

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Des honoraires non déclarés mis en lumière

Une enquête conjointe du magazine de France 2 Complément d'enquête et du Nouvel Obs avait révélé des documents provenant d'un cabinet d'avocats suggérant que Rachida Dati aurait perçu 299 000 euros d'honoraires non déclarés de GDF Suez en 2010-2011. À cette époque, elle cumulait les fonctions d'eurodéputée et d'avocate, ce qu'elle réfute catégoriquement.

Deux juges d'instruction ont été saisis de cette affaire et les enquêteurs de l'Office central de lutte contre la corruption (OCLCIFF) exploitent actuellement les données récupérées lors des perquisitions menées mi-décembre 2025 au domicile de Rachida Dati et à sa mairie du 7e arrondissement.

Une autre affaire judiciaire en parallèle

Rachida Dati, candidate malheureuse à la mairie de Paris en mars, sera également jugée en septembre dans une autre affaire pour corruption passive et trafic d'influence passif pour des faits survenus entre octobre 2009 et février 2013. Elle dément fermement ces accusations.

Dans cette affaire, elle est accusée d'avoir noué un pacte de corruption et d'avoir exercé illégalement des activités de lobbying au Parlement européen pour le compte du constructeur automobile Renault et de son ancien patron Carlos Ghosn, aujourd'hui en fuite au Liban et lui aussi renvoyé devant le tribunal.

Des conséquences pénales potentiellement lourdes

Selon la législation en vigueur à l'époque des faits, Rachida Dati encourt dans cette affaire :

  • Dix ans d'emprisonnement pour corruption passive
  • 450 000 euros d'amende (soit la moitié de la somme litigieuse) pour recel
  • Une peine complémentaire d'inéligibilité de cinq ans

Une enquête sur des bijoux non déclarés

Parallèlement, la brigade financière et anticorruption (BFAC) de la police judiciaire parisienne mène une enquête préliminaire sur des soupçons de non-déclaration de bijoux à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Ces investigations font suite à des signalements reçus, notamment en juin 2025, par le parquet de Paris.

Sollicité, Engie n'a pas souhaité commenter ces perquisitions. L'avocat de l'ancienne ministre de la Culture Rachida Dati n'a pas donné suite dans l'immédiat aux demandes d'information concernant cette nouvelle étape de l'enquête judiciaire.

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