La réclusion criminelle à perpétuité avec 22 ans incompressibles requise contre le meurtrier de Sihem
Ce mercredi 25 mars, l'avocat général Stéphane Bertrand a demandé la peine maximale contre Mahfoud Hansali, jugé pour le meurtre de Sihem, une jeune femme de 18 ans, près d'Alès dans le Gard, fin janvier 2023. La réclusion criminelle à perpétuité avec une période incompressible de 22 ans a été formellement requise devant la cour d'assises du Gard, alors que le procès touche à sa fin.
Un crime d'une violence extrême dénoncé par l'accusation
Dans son réquisitoire, l'avocat général a décrit un acte d'une brutalité inouïe. "Il l'a étranglée des deux mains après l'avoir battue", a-t-il déclaré, soulignant l'horreur du crime et la personnalité terrifiante de l'accusé. Stéphane Bertrand a insisté sur l'absence totale de circonstances atténuantes et le risque élevé de récidive, qualifiant Mahfoud Hansali de menteur qui a choisi de narguer la justice.
"Il mérite de rester dans sa cellule pour le reste de sa vie. Vous rendrez justice à la famille et vous rendrez service à la société", a-t-il affirmé devant les jurés, appelant à une condamnation sans concession pour ce meurtre qui a coûté la vie à une adolescente.
Les parties civiles dénoncent les mensonges de l'accusé
Me Dylan Bourkab, représentant la famille de la victime, a rappelé l'essentiel de cette affaire tragique. "Un enfant a perdu la vie", a-t-il martelé, évoquant le vide et le silence laissés par la disparition de Sihem. Son prénom, autrefois porteur d'une existence, est devenu synonyme d'absence définitive.
De son côté, Me Mourad Battikh, également partie civile, a vivement contesté la version des faits présentée par Mahfoud Hansali. L'accusé affirme avoir agi par crainte que Sihem ne révèle une supposée liaison entre eux, une allégation qui n'est corroborée par aucun élément tangible. "Il dit que Sihem était folle amoureuse de lui, c'est de la 'légitime défense sentimentale'... c'est un menteur", a dénoncé l'avocat.
Une reconstitution des faits qui accable le prévenu
Me Battikh a proposé sa propre hypothèse sur le déroulement des événements, s'appuyant sur des éléments matériels troublants. Selon lui, Mahfoud Hansali aurait conduit la jeune femme chez lui, tenté un baiser, puis, face à son refus, aurait réagi avec une violence extrême. La barre du lit cassée, un ongle brisé, six plaies sur le corps de la victime témoignent de la férocité de l'agression.
"Il a serré aussi fort qu'elle a refusé, jusqu'à casser l'os. Elle n'a jamais voulu de lui", a conclu l'avocat, dépeignant un acte prémédité par la frustration et la lâcheté. Malgré les aveux partiels de l'accusé, qui reconnaît les faits mais nie l'étranglement, les preuves scientifiques et les témoignages semblent accréditer la thèse d'un meurtre volontaire.
Un verdict attendu dans une affaire emblématique
Le procès de Mahfoud Hansali s'achève donc sur des réquisitions sévères, dans une affaire qui a profondément marqué la région d'Alès. Les débats ont mis en lumière :
- La jeunesse de la victime, à peine majeure
- La violence inouïe des faits, avec étranglement et coups
- Les contradictions flagrantes dans la défense de l'accusé
- L'impact dévastateur sur la famille de Sihem
La cour d'assises du Gard doit maintenant délibérer et rendre son verdict, dans une décision qui sera scrutée tant pour sa dimension judiciaire que pour son symbolisme dans la lutte contre les violences faites aux femmes. La société attend que justice soit rendue pour Sihem, dont la voix a été tragiquement réduite au silence.



