Perpétuité confirmée pour Nicolas Zepeda, assassin de son ex-petite amie japonaise à Besançon
Perpétuité pour le meurtre de Narumi Kurosaki à Besançon

Perpétuité confirmée pour le meurtre de Narumi Kurosaki à Besançon

Le Chilien Nicolas Zepeda a été condamné définitivement à la prison à perpétuité ce jeudi par la cour d'assises du Rhône siégeant à Lyon. Cette décision en appel fait suite à l'assassinat de son ex-petite amie japonaise, Narumi Kurosaki, survenu il y a près de dix ans à Besançon. Le corps de la victime, âgée de 21 ans à l'époque des faits, n'a jamais été localisé malgré les nombreuses investigations.

Un crime prémédité par jalousie

Les magistrats ont établi « au-delà de tout doute raisonnable » que Nicolas Zepeda, aujourd'hui âgé de 35 ans, avait prémédité ce meurtre « par jalousie ». La relation amoureuse entre les deux jeunes gens avait débuté en 2014 au Japon, où le Chilien effectuait ses études. Cependant, il n'aurait pas supporté que Narumi Kurosaki le quitte pour poursuivre son cursus universitaire en France à l'été 2016, puis qu'elle tombe amoureuse d'un autre étudiant sur le campus de Besançon.

Le président de la cour, Éric Chalbos, a lu le verdict détaillant les circonstances du crime. L'assassinat a été perpétré dans la nuit du 4 au 5 décembre 2016, « par suffocation, probablement par strangulation ou étouffement », au sein de la chambre 106 de la résidence universitaire où vivait l'étudiante japonaise. Des témoins ont rapporté avoir entendu des « hurlements de terreur » suivis d'un « long râle » vers 3h20 du matin.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Une disparition soigneusement planifiée

Après avoir commis son crime, Nicolas Zepeda a « eu le temps d'emporter le corps dans la valise de la victime pour la faire disparaître ». Les enquêteurs estiment qu'il a probablement déposé la dépouille dans un sous-bois au bord du Doubs, où il avait effectué un repérage quatre jours plus tôt. Cette hypothèse s'appuie sur les achats suspects réalisés par l'accusé dès son arrivée en France : un spray de détergent javellisé, un bidon de cinq litres de produit inflammable et des allumettes.

L'avocat général Vincent Auger a souligné que ces acquisitions constituaient une preuve tangible de la préméditation. Bien que Zepeda ait affirmé à la barre que ces produits servaient à nettoyer une tache dans sa voiture de location et à parer à une éventuelle panne d'essence, la cour n'a pas accordé de crédit à ces explications. Le magistrat a estimé que l'accusé avait probablement renoncé à incinérer le corps pour le précipiter dans les eaux du Doubs.

Une stratégie de dissimulation élaborée

Pendant près de dix jours après le meurtre, Nicolas Zepeda s'est employé à « faire vivre virtuellement » Narumi Kurosaki. Il a envoyé des messages rassurants aux proches de la jeune femme depuis son adresse email et ses comptes sur les réseaux sociaux, retardant ainsi considérablement le signalement de sa disparition. Cette manœuvre a compliqué les recherches initiales et démontre la détermination de l'accusé à brouiller les pistes.

La chambre de la victime a livré des indices troublants : son portefeuille contenant 565 euros, ses cartes bancaires, son ordinateur et son unique manteau d'hiver y ont été retrouvés. En revanche, une couverture et sa valise manquaient à l'appel, corroborant la thèse du transport du corps.

Un verdict alourdi après des années de procédure

La cour d'assises du Rhône a décidé d'alourdir la peine de trente ans de prison requise par l'avocat général, ainsi que les deux verdicts de vingt-huit ans de réclusion prononcés lors des précédents procès en 2022 et 2023. La Cour de cassation avait annulé en 2025 le dernier verdict pour vice de procédure, conduisant à ce nouveau procès en appel.

Nicolas Zepeda, qui a toujours clamé son innocence, a écouté le verdict le visage enfoui dans ses mains. La mère et les sœurs de Narumi Kurosaki, présentes dans la salle d'audience, ont caressé une photo de la jeune fille pendant l'énonciation de la sentence. Le président Chalbos a expliqué que l'accusé avait « varié son récit sur de nombreux points » au cours de la dernière décennie, ce qui a conduit la cour à accorder « un crédit limité à ses dénégations » face aux « nombreux indices confondants » du dossier.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Cette affaire criminelle internationale, impliquant des ressortissants chiliens et japonais sur le sol français, a mobilisé la justice pendant près de dix ans avant de trouver son épilogue judiciaire avec cette condamnation à perpétuité.