Victoire judiciaire pour la ville de Pau dans l'affaire des dalles brûlantes du stade nautique
Le tribunal administratif de Pau a rendu une décision importante en faveur de la municipalité dans le conflit qui l'opposait à plusieurs entreprises depuis 2023 concernant les dalles surchauffées du stade nautique. Cette information a été révélée ce mercredi 18 mars par nos confrères de "Pyrénées Presse".
Une condamnation financière significative
Lors de son audience du 19 février, la juridiction administrative a tranché en faveur de la mairie de Pau. La ville réclamait initialement près de 750 000 euros pour les préjudices subis. Finalement, deux entreprises ainsi que le maître d'œuvre ont été condamnés à verser 445 154 euros à la maire de Pau, "au titre des préjudices qu'elle a subis en raison de la surchauffe des dalles".
Les entreprises devront également régler les frais d'expertise à hauteur de 45 529 euros ainsi que 8 439 euros en réparation des préjudices subis en raison du désaffleurement des dalles. Cette décision marque une étape cruciale dans ce dossier complexe.
Des incidents graves depuis l'ouverture
Le problème des dalles surchauffées n'est pas nouveau. Dès l'ouverture du stade nautique en juillet 2014, la malfaçon est apparue. Avec un système de refroidissement défaillant, la pierre peut atteindre jusqu'à 70°C sous le soleil, créant un danger réel pour les usagers.
En 2018, un enfant de 7 ans avait subi de graves brûlures aux deux pieds en marchant sur les dalles bordant la piscine. L'été dernier, c'était un bébé de 18 mois qui se brûlait les pieds au deuxième degré. Malgré des tentatives de solutions comme des grilles ou un micro-arrosage automatique, le problème persistait.
Un conflit qui remonte à plusieurs années
La ville de Pau avait saisi le tribunal administratif en mai 2023 contre le cabinet d'architectes bordelais BLP, s'appuyant sur un rapport d'expertise qui mettait "clairement en évidence que l'esthétique a primé sur l'aspect pratique".
Olivier Brochet, du cabinet BLP, avait démenti l'été dernier tout défaut de conception, estimant qu'il s'agissait d'une "question d'usage, où il faut arroser les plages ou installer des ombrières". Le tribunal administratif a cependant tranché différemment, validant la position de la municipalité.
Cette décision judiciaire intervient alors que la plainte des parents du petit Clément, victime en 2018, avait été classée. La ville de Pau obtient ainsi une reconnaissance officielle des préjudices subis et une compensation financière pour les problèmes causés par ces dalles dangereuses.



