Un père condamné à Pau pour des violences effrayantes sur ses enfants
Un homme de 48 ans a été condamné ce lundi 30 mars, à Pau, à trois ans de prison, dont deux fermes, pour des faits de violences à l'encontre de ses deux enfants. Le quadragénaire, déjà incarcéré vingt-cinq mois, s'en était également pris à des collégiens de Monein.
Un "tortionnaire" selon le procureur
« Vous jugez un tortionnaire », a résumé le procureur Richard Pineau, ulcéré par le récit affligeant des faits à juger et par la personnalité du prévenu. Un père de famille d'une violence effrayante qui, jusqu'à janvier dernier, a pu agir en toute impunité.
« Cet homme violent est passé à travers les mailles du filet. Nous, société, on est passé à côté. Je le regrette et c'est de notre faute », a poursuivi le représentant du ministère public. Jamais, en effet, les absences répétées à l'école des enfants pour cacher les coups ou les confidences au psychologue du collège n'ont fait réagir.
Une enfance meurtrie par la violence quotidienne
Pourtant, le récit de l'aînée, une adolescente de 16 ans, fait froid dans le dos. La présidente du tribunal a repris avec émoi les auditions de la jeune fille : « Aussi loin que je me souvienne, nous avons été frappés, insultés… » Une violence quotidienne, physique et psychologique.
- Reproches permanents et insultes
- Crachats au visage
- Piment à avaler de force
- Coups de poing au visage et dans le ventre
Toute une enfance meurtrie à laquelle l'adolescente a tenté de mettre fin, en essayant d'attenter à sa vie. « La tête de mon frère était tellement gonflée après une soirée de coups que je ne le reconnaissais plus », a-t-elle raconté. Son petit frère avait alors 11 ans. « Si mon père avait continué, mon frère serait mort », a-t-elle poursuivi.
L'intervention de la justice après des violences sur des collégiens
Il faudra que le Palois de 48 ans exprime sa violence devant le collège de Monein, ce 26 janvier, pour que la justice y mette fin. Ce jour-là, ses coups tombent sur deux élèves devant l'établissement scolaire, au prétexte qu'ils harcèlent son fils.
Lui parle de petite tape derrière la tête. Les victimes comme des témoins évoquent de puissantes gifles et des insultes inouïes de la part d'un adulte envers des enfants, encore traumatisés. Les plaintes déposées à son encontre aboutiront à son placement sous contrôle judiciaire trois jours après les faits.
Un casier judiciaire chargé et des troubles psychiatriques
Le quadragénaire n'est pas inconnu de la justice. Son casier affiche sept condamnations dont deux pour des faits de violence. Ses séjours en prison totalisent déjà vingt-cinq mois de détention. L'homme comparaissait d'ailleurs comme détenu puisqu'il n'a pas respecté son contrôle judiciaire.
« Pourquoi avez-vous cessé votre traitement depuis quatre ans ? », a interrogé à plusieurs reprises la présidente Béatrice Penaud-Ducournau. Le prévenu souffre en effet de troubles bipolaires et de troubles caractériels. Une maladie soulignée par la défense du prévenu pour expliquer les faits, sans les excuser.
La sentence du tribunal
Dans son réquisitoire, le procureur réclamait quatre ans d'emprisonnement, dont une année de sursis probatoire et une obligation de soins. L'avocat du père suggérait un aménagement de peine à domicile, estimant que son client « n'a rien à faire en prison ».
Le tribunal l'a finalement condamné à trois ans de prison, dont une année de sursis probatoire, avec obligations de soins. L'autorité parentale lui est, en outre, retirée. Et l'homme a l'interdiction de s'approcher des victimes. Il devra enfin verser 5 000 euros à chacun de ses enfants ainsi que 1 500 et 1 000 euros aux deux collégiens frappés.



