Paprec jugée à Montpellier pour accidents graves dans ses centres de recyclage
Paprec jugée à Montpellier après accidents mortels

Le géant du recyclage Paprec face à la justice après une série d'accidents graves

Moins de deux semaines après avoir été lourdement condamnée par le tribunal judiciaire de Nîmes pour homicide involontaire, la société Paprec, leader français du recyclage, est à nouveau sur le banc des accusés. Ce mercredi 8 avril, elle comparaît devant le tribunal de Montpellier, poursuivie via ses filiales Paprec Méditerranée et Paprec Technique pour un grave accident du travail survenu en 2022 dans son usine de Lansargues.

Un accident qui a changé une vie

Le 8 avril 2022, Paul Masselin, alors âgé de 24 ans et récemment embauché dans l'usine Paprec de Lansargues, intervient pour nettoyer une machine de tri. Alors qu'il se trouve à l'intérieur de l'équipement, celui-ci redémarre brusquement, provoquant des blessures très graves. Sauvé par miracle, le jeune ouvrier reste aujourd'hui lourdement handicapé et profondément traumatisé par cet événement. Une enquête conjointe de la gendarmerie et de l'inspection du travail a été ouverte, pointant notamment des non-conformités sur la machine incriminée.

Un précédent tragique à Nîmes

Cet accident n'est malheureusement pas isolé dans l'histoire récente de l'entreprise. Le 26 mars dernier, Paprec a été condamnée à une amende de 250 000 euros par le tribunal de Nîmes pour l'homicide involontaire de Jules Pertet, un jeune employé de 21 ans décédé en juillet 2023 dans des circonstances similaires, sur une machine identique dans le centre de recyclage nîmois. Le directeur du site a quant à lui écopé de trois ans de prison avec sursis et 10 000 euros d'amende. La société a fait appel de cette décision.

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Des responsabilités contestées

Comme dans le dossier de Nîmes, Paprec estime que la responsabilité de l'accident de Lansargues incombe principalement à l'employé, qui n'aurait pas respecté une consigne de sécurité élémentaire. Cependant, les investigations ont révélé que la machine en question présentait des défauts techniques majeurs : elle n'aurait pas dû pouvoir redémarrer tant qu'un opérateur se trouvait à l'intérieur. Cette faille de sécurité remet en cause la version défendue par l'entreprise.

Une série noire qui se poursuit

La liste des drames ne s'arrête pas là. En 2025, un troisième accident du travail mortel s'est produit, à nouveau dans l'usine Paprec de Nîmes. L'enquête sur ce nouveau drame est toujours en cours, ajoutant à l'inquiétude concernant les conditions de sécurité dans les centres de l'entreprise. Ces événements successifs soulèvent des questions cruciales sur la gestion des risques dans le secteur du recyclage, particulièrement exposé aux accidents industriels.

Le procès qui s'ouvre ce mercredi à Montpellier représente donc un moment crucial pour les victimes, leurs familles, mais aussi pour l'ensemble du secteur, qui observe avec attention comment la justice traitera ces affaires répétées mettant en cause un acteur majeur de l'industrie française du recyclage.

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