Sylvie Bader-Koza a pris ses fonctions de présidente du tribunal administratif de Toulon. Elle succède à ce poste après avoir été vice-présidente de la même juridiction entre 2016 et 2020. Dans un entretien, elle détaille ses priorités : améliorer les délais de jugement et s'adapter à la hausse du nombre de dossiers.
Un retour enthousiaste
« C'est avec beaucoup d'enthousiasme que je reviens à Toulon, confie-t-elle. C'est une juridiction que j'avais beaucoup aimée quand je suis arrivée en 2016. C'est la première fois que je découvrais une juridiction à taille humaine, où on se connaît tous très bien. On est surtout au courant de tout ce qui se passe, contrairement aux grandes juridictions où c'est assez cloisonné. »
Une augmentation du contentieux
Le tribunal administratif de Toulon fait face à une hausse significative des affaires. « L'an passé, nous avons eu 5 500 dossiers entrés contre 4 000 l'année précédente, alors que 4 000 était le rythme moyen, à raison de mille dossiers par chambre », explique Sylvie Bader-Koza. Elle ajoute : « Nous essayons de trouver des solutions pour fonctionner avec les mêmes moyens. »
Des moyens limités
Pour 2026, l'effectif théorique est de 19 magistrats, mais dans les faits, ils seront environ 18 pour faire fonctionner les quatre chambres. Les personnels de greffe sont également en sous-effectif. « Cela se traduit par des situations tendues, avec un peu de retard partout », reconnaît-elle.
Des solutions pour gagner en efficacité
Face à cette situation, la nouvelle présidente veut privilégier les dossiers urgents, notamment les contentieux sociaux. « Nous travaillons à une remise à plat de la répartition des dossiers entre les quatre chambres, car un déséquilibre s'est creusé avec le temps », précise-t-elle.
Les spécificités varoises
Le Var se distingue par un contentieux important en urbanisme, représentant 12 à 13 % des entrées, contre une moyenne nationale de 6 %. Cependant, ce n'est plus le contentieux numéro un : celui des étrangers atteint 20 % des entrées, mais reste inférieur à la moyenne métropolitaine de 43 %. « Toulon est la juridiction qui a le moins de contentieux des étrangers en métropole », souligne Sylvie Bader-Koza.



