Une Nîmoise confrontée à la justice pour ses publications sur X
Une quinquagénaire originaire de Nîmes a comparu ce vendredi matin devant le tribunal correctionnel, accusée d'apologie du terrorisme. Les faits reprochés concernent une série de publications et de republications effectuées sur la plateforme X, anciennement connue sous le nom de Twitter. La présidente du tribunal, Anne-Carine David, a rappelé avec fermeté que l'infraction en question pouvait inciter autrui à porter un jugement favorable sur des actions terroristes, soulignant ainsi la gravité des accusations.
Des vidéos au cœur du conflit israélo-palestinien
Vêtue d'un petit imperméable noir, la prévenue a dû répondre de plusieurs épisodes de diffusion de vidéos illustrant la situation au Proche-Orient et le conflit israélo-palestinien. Les publications incriminées s'étalent sur une période précise, du 9 avril au 7 octobre 2024. Face au tribunal, la Nîmoise a fermement assuré qu'elle n'avait aucune intention de commettre une infraction ou de faire l'apologie du terrorisme. Selon ses déclarations, son objectif était uniquement de réveiller les consciences, notamment en mettant en lumière le sort des victimes civiles du conflit à travers ces vidéos partagées.
Le parquet requiert une peine sévère
À l'issue d'un réquisitoire solennel, le vice-procureur de la République, Jean-Luc Vasserot, a estimé que les infractions d'apologie du terrorisme étaient parfaitement constituées. Il a requis une peine de 12 mois d'emprisonnement avec sursis probatoire, assortie d'une obligation de suivre des soins. De plus, le parquet a demandé la suppression des comptes de la prévenue sur les réseaux sociaux pour une durée de six mois, afin de prévenir toute récidive et de limiter son influence en ligne.
La défense invoque la liberté d'expression
Me Rafik Chekkat, l'avocat de la quinquagénaire, a plaidé avec conviction la relaxe de sa cliente. Il soutient que les publications en question ne tombent pas sous le coup de la loi, mettant en avant le principe sacré de la liberté d'expression. L'avocat a également argué de l'absence de définition précise du terrorisme dans ce contexte, estimant que les vidéos partagées relevaient davantage d'un débat d'idées que d'une incitation à la violence.
La décision du tribunal a été mise en délibéré et sera rendue le 31 mars 2026, laissant planer l'incertitude sur l'issue de cette affaire qui interroge les limites entre expression légitime et apologie criminelle.



