Un crime d'une violence inouïe
Le 13 juin 2023, Ali Belhoussaine, 55 ans, a été battu à mort dans le quartier de la Mosson à Montpellier, près d'un point de deal. Les trois accusés, Ramzi Bounab, Nabil Arif et Farid Abassa, comparaissent devant la cour d'assises de l'Hérault pour ce meurtre ultraviolent. Ils encourent trente ans de réclusion. Lors de l'audience, tous ont nié toute implication directe dans la mort de la victime.
Les déclarations des accusés
Ramzi Bounab, 29 ans, affirme : “J’ai rien fait, j’ai assisté, j’ai vu mais j’ai pas porté de coups.” Nabil Arif, 25 ans, déclare : “Ça fait trois ans que je nie les faits.” Farid Abassa, 37 ans, reconnaît avoir désarmé la victime et lui avoir donné un coup de poing, mais nie toute responsabilité dans sa mort.
Une scène de crime effroyable
À leur arrivée, les policiers ont découvert une scène d'une violence extrême : du sang dans la rue, un manche de couteau et une lame jetés dans un égout, un mouchoir ensanglanté, et le corps sans vie d'Ali Belhoussaine. L'autopsie a révélé de multiples fractures du visage, des coups sur la tête, le thorax et les membres, suggérant un véritable lynchage.
Le contexte du drame
Ali Belhoussaine souffrait de troubles psychiatriques et d'une addiction au cannabis. Ce soir-là, en proie à une décompensation, il avait menacé des dealers avec un couteau, criant : “Je suis le fils du prophète, je vais tous vous tuer, bande de fils de pute !” Selon le président de la cour, les témoins désignent Farid Abassa comme l'agresseur principal, mais sont moins catégoriques pour les deux autres. D'autres jeunes encapuchonnés auraient également participé.
Un témoignage accablant
Un témoin a raconté que l'agression a dégénéré en “écrasement de tête”, avec des coups de pied répétés au visage de la victime à terre, certains agresseurs lui sautant à pied joint sur le crâne. Parmi les témoins à charge figurent des petits revendeurs du point de deal, que Farid Abassa aurait dirigé, ce qu'il conteste : “Je suis pas le gérant, je suis rien du tout, là, c’est juste de la vente à la sauvette.”
Une fuite et une enquête sous tension
Farid Abassa a pris la fuite en voiture vers l'Espagne le soir des faits, avant d'être arrêté six mois plus tard à Perpignan. Incarcéré, il a été placé à l'isolement, affirmant avoir un contrat sur sa tête. L'enquête s'est déroulée dans un climat tendu, certains témoins ayant subi des menaces de représailles physiques, voire de viol, pour les dissuader de témoigner.
La cour et les jurés ont trois jours pour démêler les responsabilités, face à trois accusés qui plaident l'acquittement. Le verdict est attendu jeudi 7 mai.



