Monaco : 7 ans de prison pour un Italo-Serbe malgré ses dénégations dans une affaire de cambriolages en série
Monaco : 7 ans de prison pour un Italo-Serbe dans une affaire de cambriolages

Monaco : 7 ans de réclusion pour un Italo-Serbe dans une série de cambriolages de luxe

Le tribunal criminel de Monaco a condamné ce mercredi 1er avril 2026 Robert Konovalov Radosavljevic, un Italo-Serbe de 43 ans, à 7 ans de réclusion criminelle pour une série de vols par effraction commis durant l'été 2014 dans la Principauté. Malgré ses protestations d'innocence répétées, les magistrats et jurés ont estimé les preuves suffisantes pour le déclarer coupable à la majorité des six voix.

Des cambriolages ciblant des résidences cossues de Monte-Carlo

Les faits remontent à l'été 2014, lorsque plusieurs villas et appartements de luxe à Monaco ont été dévalisés par une bande organisée. Les malfaiteurs escaladaient les façades, arrachaient les coffres-forts et emportaient bijoux, montres de grande valeur, vêtements de luxe et espèces. Pour une villa du chemin de la Rousse, le préjudice avait été estimé à 1,5 million d'euros, incluant une collection complète de pièces d'or « Olympique de Munich ». Ces butins n'ont jamais été retrouvés.

Dans la nuit du 15 au 16 août 2014, deux appartements du Victor Palace, avenue de Grande-Bretagne, avaient également été visités, causant un préjudice total évalué à 260 000 euros. Un second cambrioleur, Danijel Milenkovic, avait déjà été condamné à 4 ans de prison pour sa participation à ces faits.

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L'ADN au cœur du procès et de la défense

L'affaire a longtemps stagné avant que des analyses ADN ne permettent d'identifier Robert Konovalov Radosavljevic en 2022. Des traces génétiques avaient été prélevées sur plusieurs sites de cambriolages : du sang sur un drap le 27 juillet, sur un éclat de bois le 10 août, et sur un volet roulant, une baie vitrée et un couteau dans la nuit du 15 au 16 août.

La commandante Carine Micquiaux, directrice de l'enquête à l'époque, a souligné devant le tribunal : « Pour moi, M. Konovalov était sur les lieux, il n'y a pas de coïncidence ». Elle faisait référence au terme de « coïncidence fortuite » utilisé dans le rapport de l'expert en génétique, qui évoquait une possibilité extrêmement faible que les traces appartiennent à un autre individu possédant des marqueurs communs.

Me Hervé Campana, avocat de la défense, a pour sa part soutenu la thèse d'un transfert secondaire d'ADN. Selon lui, l'accusé travaillait à Milan à l'époque des faits et son ADN aurait pu être transporté à Monaco via des objets prêtés à son entourage, qu'il décrivait comme baignant dans la délinquance. L'expertise génétique présentée à la barre a reconnu cette possibilité tout en la jugeant peu probable compte tenu de la multiplicité des traces sur différentes zones et distances.

Un passé judiciaire et des liens avec la communauté serbe de Milan

Le substitut du procureur général, Thibault Druon, a rappelé que l'accusé possédait des antécédents judiciaires pour des cambriolages commis en Suisse à la même période qu'à Monaco, puis en Italie. Il a également évoqué son parcours de vie : enfant ayant fui la guerre en Serbie, ayant vécu dans un camp de nomades à Milan sans réelle scolarité, et « amené à voler pour survivre ».

Le représentant du ministère public a insisté sur les liens étroits de l'accusé avec la communauté serbe de Milan, notant que le premier condamné dans cette affaire et son recruteur en étaient originaires. Il a requis 7 ans de réclusion, estimant que cette peine était justifiée par l'absence de violence ou de séquestration, mais aussi par la nécessité de cohérence avec la condamnation de son co-auteur.

Le verdict et les réparations civiles

Le tribunal criminel n'a pas suivi les arguments de la défense, qui invoquait le doute raisonnable et la présomption d'innocence. Me Campana avait plaidé pour un acquittement, affirmant que « ce dossier est un puzzle incomplet » et que la science ne permettait pas d'établir une certitude absolue.

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Outre la peine de prison, le tribunal a condamné Robert Konovalov Radosavljevic à verser 3 689 euros à un couple de résidents monégasques victimes d'un cambriolage au chemin de la Rousse. Ceux-ci réclamaient 1,5 million d'euros de préjudice matériel mais n'avaient fourni que des photographies et deux factures aux montants dérisoires. Le président du tribunal, Jérôme Fougeras-Lavergnolle, leur a suggéré d'engager une action civile s'ils parvenaient à rassembler davantage de preuves.

L'accusé, qui avait déclaré « Je ne connais pas ces personnes… Je n'ai jamais mis les pieds à Monaco », a vu son maintien en détention prononcé. Arrêté en Suisse pour des cambriolages datant de 2013-2014, il avait été extradé à Monaco en décembre 2023 pour y être jugé.