Procès du meurtre de Sihem à Nîmes : la perpétuité requise contre Mahfoud Hansali
Le procès de Mahfoud Hansali, accusé du meurtre de Sihem, une lycéenne de 18 ans retrouvée morte en 2023 dans le Gard, a connu un moment crucial mercredi à la cour d'assises de Nîmes. L'avocat général, Stéphane Bertrand, a requis la peine maximale : la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 22 ans. Dans un réquisitoire ferme, il a déclaré aux jurés : « Peut-on retenir une quelconque circonstance atténuante ? Vous répondrez non. Mérite-t-il de revoir un jour la liberté ? Vous répondrez non. »
Un crime aux circonstances troubles
Sihem a disparu fin janvier 2023, et son corps a été découvert le 2 février vers 01h00 au bord d'un chemin isolé des Salles-du-Gardon, un village voisin de La Grand-Combe dans le Gard, où elle résidait. L'accusé, Mahfoud Hansali, ancien compagnon de sa cousine et déjà condamné à plusieurs reprises, a rapidement été suspecté. Les proches de la jeune fille avaient même mené une enquête informelle, l'interrogeant, fouillant son appartement et visitant des hôtels à Nîmes pour tenter de la retrouver.
Placé en garde à vue, Mahfoud Hansali a fini par avouer avoir « tué la jeune fille dans le cadre d'une dispute liée à leur relation amoureuse », affirmant que Sihem aurait menacé de révéler cette relation. Il a également indiqué aux enquêteurs l'emplacement du corps, trouvé à moitié dénudé. Stéphane Bertrand a souligné : « Les seules questions qui comptent sont celles de savoir qui a tué Sihem, et sur ce point il n'y a aucun doute, c'est Mahfoud Hansali, et comment il l'a tuée. Bien qu'il dise l'avoir étouffée, il l'a étranglée, comme l'affirment de manière certaine les rapports d'expertise. »
Un mobile qui reste énigmatique
Malgré trois jours d'audience, le mobile du crime n'a pas été éclairci. L'avocat général a estimé que « on n'a rien appris de neuf » depuis l'ouverture du procès. Deux hypothèses s'opposent : un plan ou une arnaque impliquant Sihem qui aurait mal tourné, ou une histoire sentimentale dont Mahfoud Hansali n'aurait pas supporté les conséquences. « Aucun élément ne permet de les départager », a-t-il reconnu.
Stéphane Bertrand a toutefois avancé sa « petite idée », alignée sur celle de la partie civile, bien que non prouvée par le dossier : « Pour moi, il a saisi la première occasion pour l'agresser sexuellement, elle a refusé, il a cogné, puis il l'a tuée. C'est pour ça qu'on la retrouve à moitié nue en forêt. » Il a insisté sur la nécessité d'une peine sévère : « Les peines maximales sont faites pour les individus de ce genre, il est hors de question d'avoir le bras qui tremble en les prononçant. Il mérite de rester dans la cellule où vous allez l'envoyer pour le reste de sa vie. »
La défense plaide, verdict imminent
La parole a été donnée à la défense mercredi matin pour ses plaidoiries, marquant la phase finale des débats. Le verdict est attendu dans l'après-midi, clôturant un procès qui a captivé l'attention du Gard et au-delà, mettant en lumière les tragiques circonstances de la mort d'une jeune femme dont la vie a été brutalement interrompue.



