Procès du meurtre de Sihem : l'accusé s'enfonce dans le déni face à l'évidence médicale
Lors d'un interrogatoire marathon mardi, Mahfoud Hansali, jugé pour le meurtre de la jeune Sihem près d'Alès fin janvier 2023, a nié avec obstination avoir étranglé la victime malgré les constatations médicales accablantes. L'homme de 40 ans maintient une version romantique de leur relation, affirmant que la jeune femme de 18 ans était amoureuse de lui, ce que personne dans son entourage ne confirme.
Un déni qui exaspère la cour
La crainte que les débats n'approchent pas la vérité sur les raisons du meurtre s'est confirmée au deuxième jour du procès. L'accusé, empêtré dans ses contradictions, a largement contribué à son propre naufrage judiciaire. Crucifié par l'avocat général Stéphane Bertrand après deux heures et demie d'interrogatoire, il a essuyé une réprimande cinglante.
"Je vous laisse une dernière chance de comprendre que le mot 'respect' que vous avez utilisé pour la famille de Sihem a un sens. Ce que vous faites, c'est cracher à la figure des victimes", a tonné l'avocat général, excédé, provoquant les clameurs de la salle.
Une défense qui se délite
Au fil de cette audition fleuve, la défense de Mahfoud Hansali s'est progressivement effritée. Poussé dans ses retranchements, le carrossier de formation et délinquant d'habitude s'est accroché à sa version : Sihem, cousine de son ex-femme et babysitter de leurs trois enfants, serait tombée amoureuse de lui. Il admet des relations sexuelles mais nie le meurtre prémédité.
"Ce soir-là, c'est de la colère, bien évidemment ce n'est pas recevable. Je suis sous pression, je vais retourner en prison, on se voit. Il y a des mots, je la plaque contre le mur, je la gifle pour qu'elle se taise, je mets la main sur la bouche et le nez, il se passe un certain temps, elle s'est écroulée...", a-t-il déclaré, arborant un maillot du PSG blanc.
L'évidence médicale contredit l'accusé
Le médecin légiste Mounir Benslima est venu détailler à la barre des constatations irréfutables. "Ce n'est pas cohérent de dire qu'il n'y a eu qu'une gifle et la main sur la bouche pour l'empêcher de parler, c'est impossible", a asséné le spécialiste.
Le médecin a expliqué qu'un petit os avait été cassé près de la gorge, ce qui nécessite généralement l'utilisation des deux mains avec un appui très fort. Six autres blessures au visage ont également été constatées. Face à ces preuves, l'accusé maintient pourtant : "Je n'ai pas porté de coups".
Une thèse romantique qui ne tient pas
La version d'une relation amoureuse entre Mahfoud Hansali et Sihem s'effondre face aux témoignages de la famille et des amis proches de la victime. Lena, la meilleure amie de Sihem, a affirmé : "On n'avait aucun tabou à parler des relations sentimentales, j'aurais été la première à le savoir".
Sabrina, l'ex-femme de l'accusé, a été sans appel : "C'est un menteur, un mythomane, un manipulateur, il avait des dettes et me trompait. Lui, je ne le croirais pas et elle n'est plus là pour donner sa version".
Deux hypothèses alternatives
Deux autres scénarios émergent des débats :
- Un "plan foireux" où l'accusé aurait promis 10 000€ à Sihem pour une mise en scène de faux enlèvement liée à un vol de stupéfiants
- Une tentative de viol qui aurait mal tourné, expliquant le trou dans le matelas et l'ongle cassé retrouvé
Face à cette dernière hypothèse, l'accusé s'est offusqué : "C'est gênant cette hypothèse, j'ai pas le profil".
Un récit froid du transport du corps
Mahfoud Hansali a décrit avec une voix narrative et sans émotion comment il a transporté le corps dans sa voiture, puis l'a traîné dans la montagne pour le dissimuler pendant six jours avant de tout avouer. "On dirait un reportage de BFM", s'est désolé Me Battikh, avocat des parties civiles.
Le verdict est attendu ce mercredi 25 mars, mettant fin à un procès qui a révélé l'ampleur du déni de l'accusé face à des preuves médicales pourtant accablantes.



