Condamnation de policiers pour violences lors d'une manifestation à Marseille
Le tribunal judiciaire de Marseille a rendu son verdict mardi dans une affaire de violences policières survenue lors d'une journée nationale de mobilisation. Deux policiers ont été condamnés à une peine de quatre mois de prison avec sursis pour violences aggravées, dans le cadre d'une procédure de reconnaissance préalable de culpabilité.
Des images choc largement diffusées
Les faits remontent au 18 septembre, lors de la journée de mobilisation « Bloquons tout » à Marseille. Des images tournées par l'AFPTV et largement relayées sur les réseaux sociaux montraient un policier donnant un coup de pied dans les fesses d'une jeune manifestante déjà au sol, lui lançant « casse-toi ». Bien que celle-ci réponde « oui oui, je me casse », visiblement secouée, un autre policier la pousse, provoquant sa chute. La jeune femme, apeurée, part ensuite en répétant « pardon, pardon ».
Une enquête rapide du parquet
Dès le lendemain des faits, le parquet de Marseille avait annoncé l'ouverture d'une enquête pour « violences ayant entraîné une incapacité totale de travail inférieure à 8 jours, commis par une personne dépositaire de l'autorité publique et en réunion ». Cette réaction rapide a permis une instruction accélérée du dossier.
Une manifestante « soulagée » par la décision de justice
L'avocat de la victime, Me Thomas Hugues, a déclaré que sa cliente, une étudiante de 20 ans, était « soulagée que justice soit faite et que la responsabilité pénale des policiers ait été acceptée ». Il a précisé que sur le plan civil, l'affaire avait été renvoyée pour « évaluer son préjudice », indiquant que des poursuites complémentaires pourraient être engagées.
Une évolution dans le traitement des violences policières ?
Me Hugues s'est également félicité que « les policiers préfèrent désormais la comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité » (CRPC). Selon lui, ce choix montre « une évolution dans la prise en compte des violences policières » par la justice, suggérant une reconnaissance accrue de ces faits par les autorités judiciaires.
Cette condamnation intervient dans un contexte de tensions récurrentes lors des manifestations, où les violences policières font régulièrement l'objet de débats publics. L'utilisation de la CRPC dans ce type d'affaire pourrait marquer un tournant dans leur traitement juridique.



