Procès du lynchage mortel à Montpellier : trois versions discordantes
Lynchage mortel à Montpellier : trois versions discordantes

Le procès du lynchage mortel d’Ali Belhoussaine, battu à mort le 13 juin 2023 près d’un point de deal à La Paillade, s’est poursuivi ce mercredi avec l’audition de deux témoins clés et des trois accusés. Les versions livrées sont discordantes, offrant aux jurés un éclairage contrasté sur les faits.

Le récit du premier témoin

Un petit dealer montpelliérain, âgé de 17 ans au moment des faits, a décrit trois phases distinctes. Selon lui, la victime était venue vers 18 heures pour demander du cannabis gratuitement, essuyant un refus. Elle serait revenue vers 22 heures, criant que quelqu’un lui avait cassé sa porte, un couteau à la main. Farid Abassa, accompagné de Ramzi Bounab et Nabil Arif, se serait approché pour tenter de calmer le quinquagénaire. La situation a alors dégénéré.

Le témoin a affirmé que Ramzi Bounab avait jeté une chaise en fer sur la victime, puis que Nabil Arif lui avait fait une balayette, la faisant tomber au sol. Les trois hommes se seraient alors acharnés sur elle. « Farid était le plus violent des trois », a-t-il déclaré, précisant que ce dernier était monté à califourchon sur la victime pour lui porter des coups de poing, tandis que les autres lui donnaient des coups de pied. L’intervention d’un ami aurait permis de maîtriser Farid Abassa et de le faire monter dans une voiture. Mais l’accusé serait ressorti pour frapper à nouveau la victime, avec une violence extrême.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Les dénégations des accusés

Ramzi Bounab et Nabil Arif ont nié toute violence, désignant Farid Abassa comme l’auteur des coups mortels. Selon eux, il aurait sauté à plusieurs reprises, pieds joints, sur la tête de la victime. L’ami de Farid Abassa, venu l’extirper, a confirmé avoir vu ce dernier frapper un homme au sol, inerte. « Il ne frappait que la tête à coups de pied. Il était déchaîné », a-t-il témoigné.

La version de Farid Abassa

Farid Abassa a plaidé la légitime défense. Il a affirmé avoir été frappé par-derrière avec le manche d’un couteau, ce qui l’a assommé. Après s’être relevé, il aurait esquivé des coups et, en saisissant le bras de la victime, l’aurait fait tomber au sol. Selon lui, il ne lui a jamais donné de coups de pied. « Tant que j’étais en face de lui, personne d’autre ne l’a frappé », a-t-il conclu.

Les débats se poursuivent pour déterminer la part de responsabilité de chacun dans ce drame.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale