Une loi historique pour les enfants réunionnais déplacés
Le 28 janvier 2026, l'Assemblée nationale a adopté, à l'unanimité, une proposition de loi majeure visant à reconnaître et à réparer les préjudices subis par plus de 2 000 mineurs réunionnais déplacés de force dans l'Hexagone entre 1962 et 1984. Ce vote unanime marque une étape cruciale dans la longue quête de justice de ces victimes, souvent surnommées les « enfants de la Creuse ». Pour que cette loi soit définitivement adoptée, un vote doit encore avoir lieu au Sénat, où le texte sera examiné dans les prochaines semaines.
Le contexte historique d'un déplacement forcé
Entre les années 1960 et 1980, des milliers de mineurs réunionnais, allant du nourrisson à l'adolescent, ont été séparés de leurs parents et du reste de leur fratrie pour être envoyés dans des territoires ruraux de France métropolitaine. Cette politique, orchestrée par les autorités de l'époque, a profondément marqué ces enfants, privés de leurs racines et de leur famille. Environ un tiers d'entre eux a atterri dans le département de la Creuse, ce qui leur a valu le surnom d'« enfants de la Creuse », tandis que les autres ont été répartis dans une soixantaine de départements à travers le pays.
Dans des témoignages poignants, comme celui de Marie-Germaine Périgogne, déplacée à l'âge de 3 ans et présidente de la Fédération des enfants déracinés des DROM, les survivants racontent les traumatismes vécus lors de cet exil forcé. Leurs récits mettent en lumière les souffrances endurées, allant de la perte d'identité culturelle aux difficultés d'intégration dans un environnement étranger.
La reconnaissance de la responsabilité de l'État
Cette proposition de loi représente une avancée significative dans la reconnaissance officielle de la responsabilité de l'État dans l'exil forcé de ces enfants. Pendant des décennies, les victimes et leurs associations ont milité pour que les autorités admettent les erreurs du passé et prennent des mesures concrètes de réparation. Aujourd'hui, une partie des mineurs réunionnais exilés a formellement demandé réparation à l'État, espérant obtenir justice pour les préjudices moraux et matériels subis.
Le processus législatif en cours, avec le vote à l'Assemblée nationale et l'examen à venir au Sénat, souligne l'importance de cette question dans le débat public. Il s'agit non seulement de réparer les torts historiques, mais aussi de préserver la mémoire collective et d'éviter que de telles pratiques ne se reproduisent à l'avenir.
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