Remis en liberté, mais sous contrôle strict. Le jeune frère de l’auteur de l’attentat d’Arras, où le professeur Dominique Bernard a été tué en octobre 2023, a quitté la rétention administrative hier. Osmane, prénommé ainsi dans la procédure, était détenu depuis deux ans et demi et mis en examen pour « complicité d’assassinat et tentatives d’assassinat en lien avec une entreprise terroriste ». Des faits qu’il conteste.
Une sortie de prison sous conditions
Âgé de 16 ans au moment des faits, il est désormais assigné à résidence sous surveillance électronique. La décision, prise le 16 avril par la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris, prévoyait sa sortie de prison. À peine libéré, il avait pourtant été interpellé et placé en centre de rétention administrative au Mesnil-Amelot, en vue d’une expulsion vers la Russie.
Blocage judiciaire sur l’expulsion
La procédure d’éloignement a finalement été stoppée. Mercredi, la cour d’appel de Paris a « rejeté la requête de la préfecture » qui demandait la prolongation de sa rétention, selon une source judiciaire. Elle a également « dit n’avoir lieu au maintien en rétention », soulignant qu’Osmane faisait déjà l’objet d’une assignation à résidence avec interdiction de quitter Lyon. Une décision accueillie sans triomphalisme par le principal intéressé. « Je ne peux pas dire que je suis heureux, mais je suis très soulagé », a déclaré Osmane à l’AFP. Il évoque aussi les conditions de sa sortie : « J’ai laissé beaucoup de choses au CRA, des vêtements, un ventilateur, des casseroles. On m’a dit que c’était perdu ».
Une défense cohérente
Ses avocats, Ambroise Vienet-Legué et Margaux van der Have, insistent sur la cohérence de cette décision avec sa ligne de défense. « Cette décision est conforme à la volonté constante de notre client de demeurer à la disposition de la justice française », ont-ils indiqué à l’AFP. Aujourd’hui âgé de 19 ans, le jeune homme reste étroitement surveillé. À Lyon, il peut « sortir deux heures par jour », durant lesquelles il « doit pointer au commissariat et ensuite à la police aux frontières ». Une liberté très encadrée, en attendant la suite judiciaire.
Des soupçons persistants
Les enquêteurs le soupçonnent notamment d’avoir montré à son frère aîné comment manier un couteau. Ce dernier, Mohammed Mogouchkov, avait poignardé à mort Dominique Bernard dans son ancien lycée, blessant trois autres personnes, avant d’être interpellé. L’attaque avait eu lieu presque trois ans jour pour jour après l’assassinat de Samuel Paty. L’enquête sur cet attentat a été clôturée fin mars. Mais le procès n’a toujours pas de date. Le parquet national antiterroriste n’a pas encore rendu son réquisitoire. Une étape clé qui conditionnera la tenue d’un procès très attendu.



