Jean-Baptiste Cesbron, avocat à Montpellier spécialisé dans les dérives sectaires, revient sur l'affaire d'une communauté démantelée en avril dans les Alpes-de-Haute-Provence. Il représente les parties civiles.
Une communauté sous emprise
Selon Me Cesbron, le gourou, qui se faisait appeler Hami Goël, se présentait comme un intermédiaire direct avec Dieu, imposant des règles strictes dans tous les domaines : financier, social, familial et professionnel. Les sanctions étaient parfois violentes, allant jusqu'à des gifles sur les enfants, et des personnes ont été séquestrées pendant plusieurs semaines.
Pressions psychologiques et financières
Le gourou menaçait aussi de rendre malades ou de provoquer des accidents. Il incitait les adeptes à abandonner les traitements médicaux, ce qui a conduit une personne à une tentative de suicide. Sur le plan financier, il exigeait un pourcentage des revenus, des séminaires payants, et les adeptes ont souvent vendu leurs biens pour lui verser l'argent. Les gendarmes ont saisi numéraire, pièces d'argent et lingots d'or.
La persistance des sectes en France
Me Cesbron estime que le nombre de sectes n'augmente pas, mais que les procédures sont longues. Le Sud de la France attire les gourous en raison de la proximité des frontières italienne et espagnole, et de l'isolement propice au mystère.
L'influence de l'époque
Dans un monde incertain, les gens cherchent des certitudes. Le gourou, par son charisme, devient un produit d'appel rassurant. La loi de 2024 a autonomisé l'abus de faiblesse en matière sectaire, une clarification attendue mais dont les effets sont encore à mesurer.



