Trois jeunes Français dénoncent leur enrôlement forcé par l'État islamique et portent plainte
Jeunes Français dénoncent enrôlement forcé par l'EI et portent plainte

Trois jeunes Français dénoncent leur enrôlement forcé par l'État islamique et portent plainte contre la France

Trois jeunes Français, emmenés enfants en Syrie par leurs parents djihadistes, ont saisi la justice française pour crimes de guerre, estimant avoir été enrôlés de force au sein de l'État islamique. Cette information a été révélée vendredi par une source proche du dossier, confirmant une procédure judiciaire d'une gravité exceptionnelle.

Des victimes de guerre selon leurs avocats

Ces jeunes font partie des 5 700 détenus de 61 nationalités qui ont récemment été transférés de Syrie en Irak, où ils sont actuellement incarcérés. Ils sont également visés par des mandats de recherche dans des enquêtes antiterroristes menées par des magistrats parisiens, ce qui complexifie considérablement leur situation juridique.

Leurs avocats, Me Marie Dosé et Me Matthieu Bagard, ont été sollicités et ont immédiatement estimé que leurs clients devaient être considérés comme « des victimes de guerre ». Ils ont fustigé la position française dans cette affaire, déclarant : « Aucun enfant ne choisit d'être enrôlé, et la France fait montre de la pire des indignités dans cette affaire, violant de surcroît les conventions dont elle est signataire. »

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Les défenseurs ont insisté sur les conditions de détention : « Au lieu de les traiter comme les victimes qu'ils sont, la France a refusé de les rapatrier de Syrie et a rendu possible leurs transferts dans une prison irakienne sordide où ils subissent des traitements inhumains et dégradants. »

Procédures judiciaires engagées

Une plainte officielle a été déposée début avril auprès du doyen des juges d'instruction pour l'un des jeunes, tandis que deux signalements distincts ont été émis pour les deux autres. L'infraction visée est spécifiquement la conscription, l'enrôlement ou la participation active de jeunes de moins de 18 ans dans le contexte d'un conflit armé non international, une qualification juridique rarement invoquée dans ce type d'affaires.

Le parcours tragique des mineurs en zone de conflit

Les dossiers individuels révèlent des parcours dramatiques :

  • Mehdi (prénom modifié) avait 12 ans en 2015 lorsqu'il a été emmené en Syrie par son père, un djihadiste connu pour être l'une des voix françaises ayant revendiqué les attentats du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis. Dès son arrivée, il a été initié au travail de propagande réalisé par son père et son oncle pour le compte de l'État islamique. Selon le signalement consulté, Mehdi a été « formé, de ses 12 à ses 16 ans, à cette guerre informationnelle » et a donc été « forcé à participer activement aux hostilités » de l'EI.
  • Yacine (prénom modifié) a été emmené de force par ses parents en Syrie en août 2014, à l'âge de 11 ans. Son signalement souligne qu'il apparaît avec une kalachnikov le 6 novembre 2014 dans une vidéo de propagande, avant de devenir « combattant jusqu'à sa capture par les forces kurdes » alors qu'il était encore mineur.
  • Sofiane (prénom modifié), arrivé en 2014 en Syrie à l'âge de 12 ans, « a été enrôlé dans la police de l'État islamique » selon les dires de sa sœur, cités dans la plainte officielle.

Ces trois cas illustrent le drame des enfants embrigadés dans des conflits armés, soulevant des questions cruciales sur la responsabilité des États face à ces situations extrêmes et sur l'application du droit international humanitaire.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale