Isabelle Adjani face à la justice fiscale : « Je suis la proie idéale »
Isabelle Adjani : « Je suis la proie idéale » en appel fiscal

Isabelle Adjani face à la justice fiscale : « Je suis la proie idéale »

Isabelle Adjani, l'actrice de 70 ans cinq fois césarisée, a comparu ce mercredi 1er avril 2026 devant la cour d'appel de Paris pour fraude fiscale. Déjà condamnée en première instance, elle a présenté sa défense en se décrivant comme une victime de ses conseillers et de son entourage, avouant n'avoir « jamais rempli une fiche d'impôt ».

Une défense centrée sur la vulnérabilité

Devant la cour, Isabelle Adjani a ouvert sa prise de parole par ces mots : « Je ne suis pas la voleuse du siècle ». La voix serrée et très émue, elle s'est présentée comme « une proie », « victime d'escroqueries successives ». Dans un moment de franchise, elle a déclaré : « Je suis la proie idéale et j'ai horreur de vous le dire ».

La ligne de défense de l'actrice est claire : elle affirme n'avoir jamais géré ses affaires elle-même. « Je vais être honnête, je n'ai jamais rempli une fiche d'impôt. Et heureusement, car ça aurait été désastreux. J'ai la phobie des papiers », a-t-elle expliqué à la barre. Elle a ajouté : « Mes affaires, je les ai confiées à des gens pour qu'elles soient gérées en bonne et due forme ».

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Des accusations portées contre l'entourage

Isabelle Adjani ne s'est pas contentée de mettre en cause ses conseillers fiscaux. Elle a également pointé du doigt deux hommes de son entourage : l'un des gérants de sa société Isia Films, et surtout son ex-compagnon, le médecin Stéphane Delajoux. Elle l'a accusé à la barre « d'avoir euthanasié sa mère ».

« J'ai tout payé pour lui et sa famille. Il a été condamné pour escroquerie, mais j'ai cru qu'il était victime d'une conspiration dans son propre milieu, comme moi en 1987 avec le sida », a-t-elle lancé, en référence à la fausse rumeur qui lui avait attribué la maladie à l'époque.

Un portrait fiscal peu flatteur dressé par l'accusation

L'avocat de la Direction générale des finances publiques (DGFiP), Me Ralph Boussier, a dressé un portrait nettement moins flatteur de la situation fiscale de l'actrice. « Toute la vie fiscale de Madame Adjani est un habillage permanent, on saute d'une dette à une autre, de gentils donateurs vous donnent un appartement gratuit ou deux millions d'euros », a-t-il affirmé.

Ces deux millions d'euros, versés par l'homme d'affaires Mamadou Diagna Ndiaye, sont au cœur d'une partie du dossier. L'accusation y voit une donation déguisée en prêt pour échapper à 1,2 million d'euros de droits de mutation. Isabelle Adjani le conteste catégoriquement, assurant qu'il s'agit d'un vrai prêt : « Je le rembourserai jusqu'au dernier centime ».

Un casier fiscal déjà chargé

Ce n'est pas la première fois qu'Isabelle Adjani se retrouve face à la justice fiscale. Elle a déjà été condamnée en première instance pour s'être fictivement domiciliée au Portugal en 2016 et 2017, et pour avoir dissimulé une donation en prêt en 2013. Elle avait écopé de deux ans d'emprisonnement avec sursis et 250 000 euros d'amende.

L'actrice, qui dit résider à Carcavelos au Portugal, a assuré avoir « toutes ses affaires au Portugal », mais admet n'être ni « ancrée » ni « confinée à résidence ». Pour l'administration fiscale, la conclusion est sans appel : « Il est évident qu'elle était résidente en France avec une résidence non habituelle au Portugal ».

Une conclusion émouvante et des suites attendues

« Je ne vais jamais contourner l'impôt et me retrouver dans une situation d'illégalité, pour quoi faire ? Je n'ai pas l'intelligence de la manœuvre des escrocs », a conclu Isabelle Adjani. Les réquisitions et plaidoiries de la défense sont attendues ce jeudi après-midi, le 2 avril 2026, devant la cour d'appel de Paris.

L'audience a également été marquée par des échanges avec la présidente Pascaline Chamboncel-Saligue et l'avocat général Laurent Couderc. Face à son incapacité à estimer le montant de ses impôts - environ 455 000 euros en 2023 - la présidente a résumé laconiquement : « Vous avez d'autres priorités que le financier ». L'actrice l'a admis sans détour.

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