Une agression à l'acide sévèrement sanctionnée en Charente-Maritime
Mercredi 1er avril, la cour criminelle de Charente-Maritime, siégeant à Saintes, a rendu un verdict lourd concernant une affaire de vol avec violences ayant entraîné une infirmité permanente. Dylan David-Dubois et Sacha Gobin ont été reconnus coupables d'une attaque particulièrement violente qui a coûté l'usage de l'œil gauche à leur victime.
Les faits : un vol de cannabis qui tourne au drame
Le 14 février 2024, dans le quartier du Gabut à La Rochelle, un jeune homme de 23 ans s'est rendu pour acheter du cannabis. La transaction a mal tourné lorsque le revendeur, Sacha Gobin, lui a volé ses 150 euros. Alors que la victime tentait de se défendre, Dylan David-Dubois, venu soutenir son ami rencontré en foyer d'accueil, lui a aspergé le visage d'acide chlorhydrique.
Le président de la cour, Franck Wastl-Deligne, a souligné la gravité des actes lors du prononcé des peines : « En jetant de l'acide sur quelqu'un, vous avez été l'auteur d'un acte grave et violent, qui a des conséquences dramatiques sur la victime. Voilà pourquoi vous êtes condamnés à huit ans, avec un sursis d'un an révoqué. »
Des peines différenciées selon les profils
La cour a prononcé des condamnations distinctes pour les deux accusés, tenant compte de leurs parcours respectifs. Dylan David-Dubois, 21 ans, originaire de Rochefort et déjà connu pour dix condamnations antérieures, a écopé de huit ans de prison ferme.
Son avocat, Me Joyeux, a tenté de plaider la circonstance atténuante en évoquant « une faillite du système » de l'Aide sociale à l'enfance, rappelant que son client avait été placé dès l'enfance et que « leurs camarades de foyer sont tous en détention ». Malgré les excuses répétées de l'accusé à la victime, la cour a retenu principalement la gravité de ses actes.
Pour Sacha Gobin, 20 ans, considéré comme ayant « la capacité de changer », la peine a été plus clémente : cinq ans de prison, dont la moitié avec sursis probatoire de deux ans. Compte tenu des vingt mois déjà effectués en détention provisoire, le reliquat de dix mois ferme fera l'objet d'un aménagement avec bracelet électronique, à condition qu'il travaille ou se forme et indemnise la victime.
Les réactions des parties
Me Loisel, l'avocat de la victime et de ses parents, a qualifié le verdict de « satisfaisant », soulignant que son client avait vu sa vie « chamboulée par ce drame, qui a touché toute sa famille ».
La défense de Sacha Gobin, représentée par Me Bergeron, a tenté de minimiser la responsabilité de son client dans l'attaque à l'acide, arguant qu'il n'y avait pas eu concertation pour cette agression spécifique mais seulement pour le vol. Elle a demandé une requalification en simple vol avec violences, sans succès.
Le président de la cour a adressé un message clair aux condamnés, particulièrement à Sacha Gobin concernant ses obligations : « Pardonnez-moi l'expression, mais il va falloir vous bouger un petit peu », résumant ainsi l'attente de la justice quant à leur réinsertion.
Les peines prononcées sont finalement allées « un peu en deçà des réquisitions de l'avocat général » qui demandait dix ans ferme pour Dylan David-Dubois et quatre ans ferme pour Sacha Gobin, montrant toutefois la sévérité de la justice face à ce type d'actes particulièrement violents.



