Hérault : une répression accrue contre le narcotrafic et ses consommateurs
Dans le département de l'Hérault, les autorités ont considérablement renforcé leur lutte contre le trafic et la consommation de stupéfiants. Lors d'une opération conjointe menée mardi 10 février à la limite entre Montpellier et Castelnau-le-Lez, la préfète Chantal Mauchet a détaillé les chiffres de l'année 2025, marquée par une nette intensification des actions répressives.
Des sanctions en forte hausse pour les consommateurs
La stratégie des forces de l'ordre vise désormais explicitement à culpabiliser les consommateurs, identifiés comme alimentant le marché de la drogue. "Il faut les culpabiliser", a insisté la préfète, précisant que les contrôles systématiques permettent de détecter l'usage de stupéfiants et d'appliquer des sanctions immédiates.
En 2025, le département a enregistré une augmentation significative des suspensions de permis de conduire pour ce motif, avec 765 suspensions, représentant environ un quart du total annuel. Parallèlement, le nombre d'amendes forfaitaires délictuelles, actuellement fixées à 150 €, est également en hausse, et leur montant devrait prochainement être réévalué à la hausse.
Une action coordonnée sur tous les fronts
L'opération du 10 février, menée par la police nationale, la police municipale et la gendarmerie près du point de deal des Marels, illustre cette approche multidimensionnelle. Les autorités ont procédé à des fouilles de véhicules et à des tests de dépistage, aboutissant à plusieurs interpellations.
Les résultats de cette journée sont éloquents :
- Trois conducteurs contrôlés positifs aux stupéfiants
- Un individu placé en garde à vue pour possession de drogue et conduite avec permis annulé
- Trois amendes forfaitaires dressées pour détention de stupéfiants
- Plusieurs infractions routières sanctionnées (défauts d'assurance, de contrôle technique)
Des chiffres qui témoignent d'une escalade répressive
La préfète a fourni des données précises sur l'ensemble des actions menées en 2025 :
- +15% d'initiatives des forces de l'ordre dans la lutte contre le narcotrafic
- +9% de personnes mises en cause par rapport à l'année précédente
- 192 fermetures administratives de commerces sur tout le département, certaines directement liées à des trafics de stupéfiants
- Des mesures d'expulsion de logement prononcées par le préfet contre des individus impliqués dans des trafics
Un phénomène qui dépasse les grandes agglomérations
Le colonel Schneider, commandant en second du groupement de gendarmerie de l'Hérault, a souligné que le trafic de stupéfiants n'est pas limité aux zones urbaines. "Hors des grandes agglomérations, le trafic existe mais d'une autre manière", a-t-il expliqué. "On n'a pas de points de deal fixes, mais plutôt des livreurs qui se déplacent vers les consommateurs."
Cette réalité nécessite une adaptation des méthodes de contrôle, avec des opérations régulières menées plusieurs fois par mois, y compris sur les axes autoroutiers comme l'A75, où la collaboration avec la douane et la police aux frontières a donné des résultats significatifs.
Une consommation qui ne connaît pas de répit
Les autorités constatent une surconsommation de produits stupéfiants qui touche toutes les catégories socioprofessionnelles, sans distinction. Benoît Desmartin, directeur interdépartemental de la police nationale, a observé que cette consommation se produit "24 heures sur 24", avec des personnes venant chercher leur dose de cocaïne même en pleine nuit, y compris des individus "parfaitement insérés dans la société et ayant un emploi".
La préfète a conclu en saluant "le travail des forces de sécurité intérieure, aidées des autres services de l'État, notamment les finances publiques et la direction de la protection des populations". Cette approche globale, combinant répression pénale, sanctions administratives et actions préventives, vise à créer un effet dissuasif maximal contre un fléau qui continue de menacer la sécurité et la santé publiques dans l'Hérault.