Un homme condamné à Montpellier pour outrages et rébellion envers les forces de l'ordre
Le tribunal judiciaire de Montpellier a rendu son verdict dans une affaire d'outrages et de rébellion qui a défrayé la chronique locale. Un habitant de Mèze, âgé de 44 ans, a été condamné à six mois de prison ferme pour ces faits survenus lors d'une intervention des gendarmes du Psig de Lunel le 25 mars dernier.
Une intervention pour violences intrafamiliales
Les forces de l'ordre étaient intervenues à la demande de la compagne du prévenu, qui signalait des violences intrafamiliales. Selon le récit des gendarmes, l'homme, fortement alcoolisé avec un taux d'alcoolémie mesuré à 2,1 g dans le sang, refusait de quitter les lieux malgré plusieurs minutes de négociation.
"Après une phase de dialogue, on est entré dans le domicile d'où il ne voulait pas sortir", ont témoigné les militaires. "Il s'est mis en garde, tenait des propos incohérents, et lorsqu'on a voulu l'interpeller, il s'est débattu."
Des versions contradictoires sur l'interpellation
Le prévenu, quant à lui, a livré une version radicalement différente des événements devant le tribunal présidé par Gilles Maschio. "Je suis choqué de comment j'ai été interpellé", s'est insurgé l'homme. "Ils me sont tombés dessus et m'ont passé à tabac alors que j'obtempérais. Je vais déposer plainte pour violences policières."
Son avocate, Maître Christelle Bourret-Mendel, a précisé que son client présentait deux jours d'ITT, le nez fracturé, deux coquards et des hématomes sur tout le corps. "Le légiste dit qu'il a été frappé sur toutes les parties du corps", a-t-elle ajouté, notant que les caméras des gendarmes ne fonctionnaient pas lors de l'intervention.
L'usage de la force justifié selon la justice
La substitut du procureur Olivia Perrot a défendu l'action des forces de l'ordre : "Au bout de plusieurs minutes de négociation, Monsieur, qui était fortement alcoolisé, était toujours aussi récalcitrant. Alors, les gendarmes ont fait usage de la force puis du taser. On n'est pas au pays des Bisounours."
Les gendarmes ont expliqué avoir dû utiliser un Taser en mode "shocker" pour maîtriser l'individu qu'ils décrivaient comme incontrôlable. Durant le trajet vers la brigade, l'homme aurait continué à insulter les militaires et aurait tenté à plusieurs reprises de leur cracher dessus.
Un lourd passé judiciaire
Le prévenu, relaxé des violences intrafamiliales faute de plainte de sa compagne, n'en était pas à sa première confrontation avec la justice. Son casier judiciaire présente onze condamnations antérieures pour des infractions variées : stupéfiants, blanchiment, refus d'obtempérer, conduite sans permis et sous l'emprise de l'alcool.
Outre les six mois de prison ferme, le tribunal a ordonné la révocation d'une peine de six mois de sursis prononcée le 15 septembre 2023. Les magistrats n'ont cependant pas prononcé le maintien en détention et ont consenti à ce que l'homme soit présenté devant le juge d'application des peines pour un aménagement de sa condamnation sous bracelet électronique.
Des réparations financières ordonnées
Le quadragénaire devra également indemniser les gendarmes victimes d'outrages : 200 euros chacun pour deux militaires et 300 euros pour le troisième. Cette décision judiciaire intervient dans un contexte de tensions récurrentes entre certaines populations et les forces de l'ordre, particulièrement lors d'interventions pour violences intrafamiliales où l'alcool est souvent un facteur aggravant.
L'affaire illustre les difficultés rencontrées par les gendarmes lorsqu'ils doivent intervenir auprès d'individus récalcitrants et sous l'emprise de l'alcool, tout en mettant en lumière les divergences de perception quant aux méthodes d'interpellation utilisées par les forces de l'ordre.



