Hélène Perlant, fille de François Bayrou, dévoile le poids écrasant d'être 'fille de' dans un livre poignant
Hélène Perlant évoque le poids d'être 'fille de' François Bayrou

Hélène Perlant brise le silence sur le fardeau d'être 'fille de' François Bayrou

Dans un ouvrage intitulé Le déni, à paraître jeudi 26 mars, Hélène Perlant, fille aînée de l'homme politique François Bayrou, dévoile avec une intensité rare le poids écrasant d'être 'fille ou fils de'. Ce livre poignant explore les risques et les souffrances associés à cette identité imposée, en s'appuyant notamment sur l'affaire Bétharram et les mécanismes qui réduisent les victimes au silence.

Une vie marquée par les agressions et les insultes

Hélène Perlant relate dans son témoignage une existence ponctuée d'agressions, d'insultes et de railleries. Elle écrit : 'Je n'ai pas de mémoire d'un seul moment, d'un seul âge sans agression, toujours, partout.' Dès l'enfance, elle subit des violences, comme cette petite fille attendue à la sortie de l'école pour être frappée quotidiennement, sans relâche. Les insultes gratuites dans la rue, venant d'inconnus, sont monnaie courante, l'obligeant constamment à se justifier d'occuper une place dans l'espace public.

Elle décrit une agression particulièrement traumatisante survenue à 18 ans, alors qu'elle était en khâgne. Des élèves de sa classe, cagoulés de noir, ont fait irruption et lui ont enfoncé un bâillon dans la gorge. Le commissaire qui a pris sa plainte a rapporté que les agresseurs justifiaient leurs actes en disant : 'C'est bien fait, parce que vous avez tout.' Sous pression, Hélène Perlant a finalement retiré sa plainte, illustrant les difficultés à faire entendre sa voix.

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Le nom de famille comme source de violence

Pour Hélène Perlant, le nom Bayrou n'est pas un simple nom de famille, mais un fardeau. Elle explique : 'Jamais une agression avec mon prénom. Toujours avec le nom. Ce n'est pas un nom de famille. C'est le nom de quelqu'un d'autre, avec la violence destinée à quelqu'un d'autre.' Cette identité imposée crée un paradoxe douloureux : la personne à qui elle pourrait demander protection, son père, est aussi celle à cause de qui ces violences surviennent. Pourtant, elle affirme aimer ce père, qui écoute ses plaintes lors des jours de grand découragement.

Dans des moments de détresse extrême, elle avoue avoir songé au suicide comme un acte de langage, pour que son cadavre gonflé d'eau fasse comprendre l'ampleur de ce 'trop' dur à supporter. Ces confessions mettent en lumière l'impact psychologique profond de cette situation.

L'affaire Bétharram et la libération de la parole

Le livre d'Hélène Perlant s'inscrit dans un contexte plus large, celui de l'affaire Bétharram, où des violences sexuelles se sont étalées sur un demi-siècle. L'an dernier, elle avait révélé avoir subi, adolescente, des violences physiques par un curé lors d'un camp d'été, sans en avoir jamais parlé à ses parents. Sa parole avait été recueillie dans Le silence de Bétharram, un livre-témoignage écrit par le porte-parole de l'association des victimes.

Lors de la sortie de cet ouvrage, elle avait déjà confié à France Inter avoir hésité à prendre un nom d'emprunt pour témoigner. Elle expliquait vouloir se faire recenser comme une victime parmi d'autres, tout en assumant son identité de fille du Premier ministre. Elle déclarait : 'J'ai passé toute ma vie à effacer ce nom, à en changer, mais on a réfléchi avec Alain, je vais poser ce nom-là et le dire.' Cette décision marque une étape cruciale dans sa quête pour briser le silence et affronter les mécanismes du déni.

En conclusion, Le déni d'Hélène Perlant offre un regard intime et bouleversant sur les conséquences d'être 'fille de' dans un contexte politique chargé. Il souligne l'importance de libérer la parole des victimes et de comprendre les dynamiques qui perpétuent le silence, tout en mettant en avant la résilience nécessaire pour survivre à de telles épreuves.

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