Un drame familial insoutenable à Hendaye
Deux jeunes parents, âgés de 24 et 21 ans, ont été condamnés par la cour d'assises de Pau après la mort de leur bébé de 2 mois, Effie, suite à de multiples blessures et maltraitances. Ils ont laissé leur petite fille agoniser pendant trois jours dans leur domicile à Hendaye, au Pays basque, jusqu'à son décès. Effie aurait eu trois ans aujourd'hui, mais personne n'était présent pour la représenter, la défendre ou lui rendre hommage lors du procès. Pas même une association de protection de l'enfance ne s'est constituée partie civile, comme si elle n'avait jamais vécu.
Des faits d'une violence inhumaine
L'avocate de la défense, Me Sandrine Larié, a décrit le sort d'Effie comme « douloureusement triste jusqu'au bout ». Sa seule présence à l'audience a été une vidéo prise par son père, la montrant inconsciente et agonisante, avec ses gémissements issus de l'appel au Samu. Elle a subi des coups de poing, des gifles et des secouements répétés dès ses premiers jours de vie. Son calvaire s'est terminé deux mois après sa naissance, le 18 janvier 2023.
Ce vendredi 13 février, Samuel Pereira, 24 ans, a été condamné à vingt-deux ans de prison pour violences volontaires habituelles ayant entraîné la mort et non-assistance à un mineur en danger. Mairi Jauregui Ibarzabal, 21 ans, a écopé de quinze ans de réclusion pour privation d'aliments et de soins, mais acquittée pour les violences. Conscients de l'état critique de leur fille trois jours avant sa mort, ils n'ont rien fait pour la sauver et se sont mutuellement accusés durant le procès.
Une absence d'explication rationnelle
Le flou entourant ces trois jours de procès s'est dissipé avec les réquisitions. L'avocate générale, Caroline Parizel, a souligné que rien n'explique leurs actes : aucun trouble psychiatrique, personnalité violente ou antécédent judiciaire. Bien que les deux aient eu une adolescence difficile, cela ne justifie pas une telle violence envers leur enfant, pourtant désiré.
Que s'est-il réellement passé dans cette chambre insalubre à Hendaye pour qu'Effie meure de traumatismes crâniens, fractures, hématomes et dénutrition ? Me Cloé Irigoin-Carricaburu, avocate de l'accusée, a déclaré aux jurés : « Personne ici ne le saura véritablement. Personne ne peut imaginer une telle horreur », ajoutant qu'on ne « condamne pas avec des peut-être ».
Un schéma de négligence et d'indifférence
Progressivement, un schéma s'est dessiné où le père infligeait les coups et la mère n'osait rien dire par peur ou amour. L'avocate générale a insisté sur le fait que Mairi Jauregui Ibarzabal « a fait le choix de ne rien faire » et a « privilégié son conjoint plutôt que l'enfant », réfutant toute emprise du père.
« Ils ont commis le crime le plus intolérable pour notre société. Existe-t-il un être plus vulnérable qu'un nouveau-né ? Ses deux parents sont devenus ses bourreaux. Effie est morte dans l'agonie et l'indifférence la plus totale », a martelé Caroline Parizel. Elle a retracé les « trois derniers jours d'agonie » du bébé, dont les souffrances ont été évaluées à sept sur sept sur l'échelle de la douleur par les médecins.
Les défenses des accusés
Me Cloé Irigoin-Carricaburu a soutenu qu'aucun élément ne prouve les violences de la mère, reconnaissant seulement la non-assistance. Elle a argué que sa cliente, âgée de 18 ans à l'époque, avec des troubles dépressifs, était « clairement sous emprise » et subissait « des violences coercitives ».
Pour Me Sandrine Larié, avocate du père, Samuel Pereira est « un gamin qui s'est mal construit », un « papa inadapté qui aimait Mairi et sa fille », mais qui n'a jamais voulu être violent. Elle a souligné que s'ils avaient alerté les secours plus tôt, Effie aurait pu être sauvée, mettant en lumière les conséquences tragiques de leur inaction.



